28 tirailleurs sénégalais redeviennent français

François Hollande au milieu des 28 tirailleurs sénégalais naturalisés à l’Élysée © AFP.

News Afrique – Ce samedi, François Hollande a présidé la cérémonie de réintégration de 28 tirailleurs sénégalais. Ces anciens combattants ont donc récupéré la nationalité française. Une cérémonie émouvante visant à rembourser une « dette de sang ».

Durant les guerres d’Indochine ou d’Algérie, entre autres, les rangs de l’armée coloniale se sont vus renforcer par des combattants venus d’Afrique. Appelés tirailleurs sénégalais, ils ont combattu sous le drapeau tricolore avant de se voir retirer la nationalité française une fois les colonies africaines indépendantes.

Un signe de reconnaissance

S’ils sont appelés tirailleurs sénégalais, tous ne sont pourtant pas originaires de ce pays d’Afrique de l’Ouest. Ce samedi, ce sont 23 Sénégalais, 2 Congolais, 2 Centrafricains, et un Ivoirien qui ont été honorés par le Président français.

« Vous avez servi la France, vous avez aimé la France. La France est heureuse de vous accueillir », déclare le Président français. C’est avec joie, parfois les larmes aux yeux, que ces anciens militaires africains reçoivent leur décret de nationalité des mains de François Hollande.

Une cérémonie qui s’inscrit dans le souhait du chef de l’État de « réparer une injustice ». Dans la salle de fêtes de l’Élysée, le Président français, a aussi laissé la porte ouverte à tous les anciens tirailleurs sénégalais qui souhaiteraient eux aussi être naturalisés. « Aujourd’hui, je pose un nouveau principe : ceux qui se sont battus pour la France et qui font le choix d’y vivre doivent pouvoir devenir Français », a tonné François Hollande.

Le fruit d’une longue bataille

À l’initiative de cette cérémonie, Aissa Seck, adjointe à la mairie de Bondy (région parisienne), travaille auprès d’anciens tirailleurs, cette petite fille de tirailleur sénégalais est préoccupée par la situation précaire de ces derniers. En effet, loin de chez eux, les « dogues noirs de l’Empire » touchent une maigre retraite. Environ 335 euros par semestre. Au niveau administratif, ils sont titulaires d’un titre de séjour classique. S’ils peuvent demander la nationalité française, ils abandonnent souvent face à l’ampleur des démarches administratives. Une situation inacceptable compte tenu de leur engagement militaire selon Aissa.

En 2016, l’employée municipale lance alors une pétition pour la réintégration dans la nationalité française de plusieurs anciens combattants africains. Elle réussit finalement à recueillir plus de 63.000 signatures, parmi lesquelles celles de personnalités. Une victoire pour Aissa et les tirailleurs sénégalais.

Mais pour certains, cette reconnaissance intervient trop tard. Aujourd’hui, les anciens tirailleurs sont en moyenne âgés de 70 à 80 ans. Donc quasiment en fin de vie. Aussi, si l’on ne peut nier la volonté de la France de réparer ses erreurs, elle ne peut nier son comportement peu exemplaire vis-à-vis des combattants africains. Le massacre de Thiaroye en 1944, par exemple, reste un douloureux souvenir qui fera à jamais partie de l’histoire de la France-Afrique.

 

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