Le 29e sommet de l’UA pourrait confirmer l’indemnisation des victimes de Hissène Habré

Hissène Habré Tchad
L’ancien président tchadien Hissène Habré © HRW.org

Actualité Afrique – L’Union africaine tient son 29e sommet à Addis-Abeba, la capitale de l’Éthiopie, pour traiter de différentes questions dont les principales sont : la réforme de l’Union africaine et les multiples crises qui touchent le continent, notamment au Mali, au Soudan du Sud et en Libye.  Alpha Condé, président en exercice de cette organisation conduit cette rencontre au moment où plusieurs chefs d’État et anciens chefs d’État sont visés ou poursuivis par la justice nationale et/ou internationale.

C’est le cas d’Hissène Habré, ancien président tchadien, qui a vu sa condamnation à perpétuité confirmée le 27 avril 2017, par la décision des Chambres Africaines Extraordinaires (CAE), à Dakar au Sénégal. L’ancien despote tchadien est condamné pour crimes contre l’humanité, crimes de guerre et actes de torture. Au regard de ces crimes et bien d’autres exactions, la Chambre d’appel de ce Tribunal ad hoc, créée en juillet 2012 à l’issue d’un accord entre l’UA et le Sénégal, a sommé Habré de payer environ 125 millions d’euros (82 milliards de FCFA) devant servir à réparer à peu près 7 400 victimes répertoriées aujourd’hui.

Reed Brody, avocat américain, spécialisé dans la défense de victimes des régimes dictatoriaux, surnommé «le chasseur des dictateurs », membre de la commission internationale de justice, a été l’un des militants ayant contribué à l’organisation du procès de Hissène Habré. Il espère avec les victimes qu’un Fonds d’indemnisation soit créé à l’occasion de ce 29e sommet de l’UA.

Une indemnisation plus symbolique que financière

Comme tous les autres cas d’indemnisation de victimes d’autocratie, celui des martyrs de l’ancien président tchadien sonne beaucoup plus comme une victoire symbolique que financière. Habré est en exil au Sénégal depuis qu’il a perdu son pouvoir dans les années 1990. On accuse son régime d’avoir, entre autres, torturer et tuer des milliers de personnes durant la décennie de 1980.

 Ce verdict et cette indemnisation (20 millions de FCFA par victime) donnent enfin un sentiment de justice, mais peinent à faire un pied de nez à une opinion grandissante d’impunité des bourreaux du peuple africain.

L’ancien président tchadien a 74 ans aujourd’hui. Il se fait de plus en plus rare depuis sa toute dernière apparition en public en mai 2016. Il est confortablement incarcéré dans sa villa construite pour lui à l’intérieur de la prison du Cap Manuel, à Dakar. « Prison » huppée, aux pièces climatisées, où il reçoit la visite hebdomadaire de ses deux épouses.

 Heureusement pour les victimes, la villa de Habré à Dakar, d’une valeur de 600.000 euros a été saisie et constitue un fond auquel s’ajouteront d’autres avoirs et comptes bancaires du dictateur, ainsi que les contributions des États africains.

 

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