6 juillet 1967, il y a 50 ans débutait la guerre du Biafra

Le Colonel Ojukwu proclame l'indépendance du Biafra
Le Colonel Emeka Ojukwu. © via economist.com

Africapostnews — Il y a 50 ans, l’armée nigériane lançait une offensive sur la région sécessionniste du Biafra, dans le sud-est du Nigéria et déclenchait la guerre. Pour cause, une indépendance voulue et auto-proclamée par la région. Cette guerre qui aura duré trois ans, fera environ deux millions de morts et entraînera une famine sans précédent.

En 1960 après son indépendance, le Nigeria compte 40 millions d’habitants. Cette population est repartie en 250 ethnies dont trois majoritaires : les Ibos, les Haoussas et les Yorubas.

Les Ibos sont chrétiens et principalement basés dans l’est et le sud-est du pays. Les Haoussas habitent le nord et les Yorubas l’ouest et le sud-ouest. Ces derniers sont musulmans pour la plupart.

Peu à peu des différends s’accentuent entre les Ibos et les autres ethnies. Les autochtones de la région orientale se plaignent d’être assujettis aux habitants du Nord.

En 1964, le sud boycotte les élections fédérales mais un accord in-extremis sauve la fédération. En 1966, à la suite d’un coup d’état, Johnson Aguyi-Ironsi (Ibo) devient Chef de l’État et supprime les régions. Johnson Aguyi-Ironsi est assassiné le 22 juillet 1966 et est remplacé par le général Yakubu Gowon qui rétablit la fédération.

Au même moment, les Ibos sont victimes de massacres en masse dans le nord du pays. Abuja ne réussit pas à enrayer la violence. Ces massacres pousseront deux millions de réfugiés à s’installer dans la région orientale.

En majorité dans l’est du pays, les Ibos réclament la décentralisation des pouvoirs. Ils se sentent de plus en plus marginalisés et les tensions s’instillent au sein du pays.

Le 26 mai 1967, le Conseil consultatif de la région de l’est vote la sécession de la région.

Le 28 mai 1967, le général Gowon divise a fédération en douze régions. Il propose un nouveau découpage administratif qui sèvre les Ibos d’une grande partie des ressources pétrolières.

En effet, la région de 77.000 km2 est la partie la plus riche du pays. Elle produit du gaz naturel, du pétrole, du bois et contribue à 60% de la production totale du Nigéria

Le 30 mai 1967 en réaction à cette décision, la région s’auto proclame indépendante sous la direction du Colonel Odumegwu Ojukwu. La République du Biafra est proclamée et sa capitale est Port Harcourt.

La guerre éclate

Le gouvernement nigérian conteste cette décision. Le 6 juillet 1967 l’armée nigériane lance une offensive dans la région nouvellement indépendante. S’en suit, une guerre qui durera trois ans et fera près de deux millions de morts.

Au cours de l’année 1968, le Biafra est reconnu par le Gabon, la Tanzanie, la Zambie et la Côte d’Ivoire. Cependant la majorité des pays de l’Organisation de l’unité africaine condamne cette sécession.

L’Union soviétique et la Grande Bretagne soutiennent le gouvernement fédéral. Ajouté à cela, le gouvernement engage des représailles. Ces deux facteurs entraîneront un blocus. Ce blocus conduira à une famine sans précédent. Des centaines de milliers de biafrais sont morts à cause de la famine et de la malnutrition.

Le 18 mai 1968, c’est la chute de Port-Harcourt ; la forteresse est assiégée. Le Colonel Ojukwu se réfugie en Côte d’Ivoire et laisse sa place au Général Philip Effiong. Ce dernier capitule le 12 janvier 1970 et met fin à la République éphémère du Biafra.

Cette guerre reste l’un des conflits les plus meurtriers en Afrique et aujourd’hui encore les pensées sécessionnistes perdurent dans plusieurs régions du Nigéria.

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