Une quarantaine de réfugiés somaliens tués au large du Yémen

Vendredi 17 mars 2017, une embarcation contenant au moins 140 réfugiés somaliens, a été pris d’assaut au large des côtes yéménites, alors qu’il tentait de fuir le pays. 42 Somaliens auraient été mortellement touchés par les tirs L’Organisation internationale des migrations (OIM).

Ils étaient au moins 140 réfugiés somaliens à bord de cette embarcation, dont des femmes et des enfants, à quitter les côtes yéménites pour rejoindre la corne de l’Afrique et ainsi fuir la guerre qui fait des ravages dans le pays. Dans la nuit de jeudi à vendredi, leur bateau a été pris pour cible par un hélicoptère et un navire militaire, qui ont ouvert le feu sur lui.

Après plusieurs minutes de tir, les réfugiés auraient réussi à s’identifier en tant que « civils » en brandissant des lampes torches électriques, ce qui aurait entrainé un interrompu immédiatement les tirs des deux appareils militaires ! l’embarcation a pu rejoindre tant  bien que mal le port de Hodeïda dans la matinée et débarqué les morts et les rescapés.

Selon l’Organisation internationale pour les migrations, on dénombre 42 morts, 91 blessés, dont 24 dans un état critique, et de plusieurs disparus. Les autorités portuaires elles dressent un bilan moins lourd, parlant d’une trentaine de morts et d’une trentaine de blessés conduits dans les structures hospitalières, ainsi que les rescapés et 3 trafiquants (passeurs illégaux) mis aux arrêts.

À qui incombe la responsabilité de cette attaque ?

Après l’annonce officielle de cette attaque, les rebelles chiites Houthis qui contrôlent, la ville de Hodeïda, depuis presque deux ans, ont accusé la coalition émiratie – Saoudienne d’être à l’origine de ce raid. En effet, depuis décembre 2016, vaisseaux saoudiens et émiratis sillonnent la mer rouge au large des côtes yéménites, notamment depuis que les rebelles ont mis pris le contrôle du port stratégique de Hodeïda et que de nombreuses attaques sont dirigées contre des navires, parfois pétroliers dans cette zone.

La coalition arabe, par son porte-parole le général saoudien Ahmed Assiri, a réagi et démenti les allégations des rebelles. Pour le général, il n’y aurait eu aucun tir de la coalition dans cette zone au moment des faits. Le militaire saoudien a précisé que la zone était extrêmement dangereuse et qu’elle était devenue le bastion de trafiquant d’armes.

Dans la foulée, l’OIM a vivement condamné ce drame. Son directeur des opérations d’urgence Mohammed Abdiker, son directeur, a qualifié cette attaque de « totalement inacceptable. L’organisation a affirmé ne pas être à l’origine de cette expédition, tout en rappelant qu’elle procède généralement, pour ce type d’action, à une entente entre les deux partis belligérants. Il n’est pas rare que des migrants tentent de quitter le pays par cette voie peu conventionnelle, mais c’est la première fois que des embarcations de civils sont pris pour cible.

Ce qui semble être un grave incident intervient alors que le pays traverse une énorme crise humanitaire. Les Nations unies estiment que 7,3 millions de personnes ont besoin d’une aide alimentaire d’urgence dans cette région, et les initiatives dans ce sens sont souvent gênées par l’action des rebelles de la région. Une situation qui donnerait à plus d’un, l’envie de quitter le pays de quelque manière que ce soit.

Laisser un commentaire