RDC : Le gouverneur du Haut-Katanga Jean-Claude Kazembe limogé

Bâtiment du 30 juin , Lumubashi

Actualité RDC – Les députés provinciaux du Katanga ont décidé de la destitution du gouverneur de la province Jean-Claude , ce mardi 18 avril. Il lui a été reproché une gestion calamiteuse de la province. Une sanction qui planait sur l’ancien gouvernement depuis quelques mois.
 
L’assemblée provinciale du Haut-Katanga a adopté une motion de censure contre le gouvernement Jean-Claude Kazembe. Réunis à haut clos, les 24 députés sur les 30 que compte la province se sont prononcés pour l’éviction du gouverneur. Ces derniers se sont appuyés sur un rapport parlementaire accablant pour l’homme à la tête du gouvernorat de la province.
Ainsi, les députés reprochent à Jean-Claude Kazembe de nombreux faits : de possibles détournements de fonds, l’opacité dans la gestion du denier public,la passation des marchés publics de gré à gré contrairement à la procédure officielle, l’entretien d’un climat malsain au gouvernorat rendant les conditions de travail difficiles pour ses collaborateurs ainsi que la non-exécution du budget provincial.
La déchéance du gouverneur katangais se faisait sentir ces derniers mois. En début mars, le chef de la Majorité présidentielle (MP) Aubin Minaku , avait effectué une mission auprès du gouvernorat de la province méridionale. Accompagné d’une délégation, Aubin Minaku avait pour mission d’évaluer la gestion du Katanga par Jean-Claude Kazembe. Au final, malgré le rapport accablant qui devait en découler le gouverneur tint mordicus à rester en fonction. Il sera convoqué dans la capitale Kinshasa, mais la situation n’évoluera pas pour autant.
Finalement, ce mardi, les députés provinciaux, ont mis fin à ses fonctions. Sentant surement l’issue inéluctable, Jean-Claude Kazembe n’a pas fait le déplacement vers le bâtiment du 30 juin à Lumumbashi. Là où avait lieu la séance plénière .
 

Le Katanga, fief perdu de Kabila

L’éviction de Kazembe est une nouvelle démonstration de la perte de popularité du président Kabila. En effet, originaire de cette province, le président a vu son influence décroître progressivement dans cette contrée.
Déjà, en décembre 2016, tandis que le mandat officiel de Kabila arrivait à son terme, des émeutes avaient éclaté à Lumumbashi , capitale katangaise. Contrairement à Kinshasa, où la situation avait été très vite contrôlée, dans la capitale économique, les affrontements manifestants-forces de l’ordre ont dégénéré. Le pouvoir parlait de 8 morts et une quarantaine de blessés, tandis que l’opposition parlait d’une cinquantaine de décès.
Depuis, les multiples actions de l’opposition marchent plutôt bien dans la province. Les deux dernières en date, l’opération ville morte initiée le 3 avril et la marche de Kinshasa qui s’est également transformée en ville morte le 10 . Au cours de ces deux événements, la ville de Lumubashi a tourné au ralenti. On note même des échauffourées entre les forces de l’ordre et des protestataires. Ces dernière se sont soldées par des arrestations de manifestants .
Une série événements qui ont surement poussé Kazembe vers la porte. Ils mettaient notamment en évidence son incapacité à contrôler le Haut-Katanga.  Il était important pour le pouvoir de réagir pour ne pas perdre cette province stratégique.

Le vice-gouverneur n’assurera pas l’intérim

Au lendemain du limogeage de Kazembe , on apprenait la démission de sa vice-gouverneure . En effet, la vice-gouverneure de la province du Haut-Katanga, Bijou Mushitu Kat , prenant les devants, avait démissionné de son poste avant que l’Assemblée provinciale ne se prononce sur le sort de son supérieur . La femme politique congolaise a expliqué que cette démission n’avait aucun lien avec la destitution de son chef. D’ailleurs il était de notoriété publique que les deux représentants de la province n’étaient pas en bons termes.
L’ancienne vice-gouverneure a ensuite expliqué à une radio locale, que sa démission accélérerait le processus de vote pour un nouveau gouverneur. cette dernière n’a pas précisé si elle serait de la course au gouvernorat du haut-Katanga.
Pour l’heure, la situation dans la province reste préoccupante pour le pouvoir. Depuis la démission de l’ancien gouverneur Moïse Katumbi Chapwe qui avait rejoint l’opposition, la province est devenue incontrôlable. De plus, des rumeurs d’un réseau Katumbi infiltré dans la majorité pour déstabiliser le président Kabila en interne, suscitent l’extrême prudence des décideurs dans les nominations aux postes sensibles. Désormais, le fauteuil du gouverneur attend impatiemment son prochain locataire.
 

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