Affaire des « biens mal acquis » : après les Bongo et les Obiang, c’est autour des Nguesso d’être inquiétés en France

Denis-Sassou-Nguesso
La fille et le gendre du Président congolais, mis en examen en France © Anis Mili/Reuters

Actualité Afrique – Après les clan Bongo au Gabon et Obiang en Guinée Équatoriale, c’est au tour du clan Nguesso au Congo-Brazzaville de subir les foudres de la justice française. Les Bongo, les Obiang tout comme les Nguesso, sont menacés depuis plusieurs années par diverses enquêtes lancées dans le cadre de l’affaire des « biens mal acquis ». La semaine dernière, Julienne Sassou-Nguesso, fille du président congolais Dennis Sassou Nguesso et son époux, Guy Johnson, ont été mis en examen en France. L’information a été rendue publique par l’Agence Française de Presse.

Julienne Sassou-Nguesso, n’est pas la première personnalité du clan Nguesso à être dans le collimateur de la justice française. En mars dernier, c’est son cousin Wilfrid Nguesso qui a été mis en examen par les juges parisiens. Ces derniers ont également décidé de mettre en examen la fille du président congolais, mais également son mari Guy Johnson.

Ces trois proches de Dennis Sassou Nguesso sont fortement soupçonnées par la justice pour des faits de « blanchiment de détournement de fonds publics ». En 2010, les magistrats financiers se sont particulièrement intéressés aux fortunes, aux biens et aux luxueuses dépenses des familles présidentielles du Gabon, de la Guinée Équatoriale et du Congo-Brazzaville.

La fille du président congolais est soupçonnée d’avoir illégalement acquis en 2006 un hôtel particulier dans la chic banlieue parisienne de Neuilly-sur-Seine. Le bien dont la valeur est estimée à 3 millions d’euros comporte sept pièces ainsi qu’une piscine intérieure.

Acquis en 2006 via une SCI, cet hôtel particulier a subi d’importants travaux de rénovation entre 2007 et 2011. Pour les enquêteurs de l’Office central de répression de la grande délinquance financière (OCRGDF), l’ensemble des travaux aurait coûté environ 5,3 millions d’euros.

En collaboration avec Tracfin – un organisme chargé de la lutte contre le blanchiment d’argent et contre le financement du terrorisme – les enquêteurs français ont repéré plusieurs mouvements bancaires suspects entre des comptes domiciliés dans des banques à San Marin et des sociétés offshores aux Seychelles, à l’Ile Maurice ou à Hong Kong.

Les importantes sommes d’argent qui alimentent régulièrement ces comptes proviendraient de sociétés publiques congolaises. Ainsi, depuis 2007, les enquêteurs suivent à la trace le parcours de plusieurs millions d’euros.

Les familles Bongo et Obiang, également dans le collimateur de la justice française

Le lundi 19 juin dernier s’est ouvert à Paris le procès de Teodoro Nguema Obiang Mangue dit Teodorin, vice-président de la Guinée Équatoriale et fils du président Teodoro Obiang Nguema Mbasogo. Teodorin Obiang est poursuivi pour « détournement de blanchiment de biens publics ».

Il s’est fait remarquer pour ses dépenses somptuaires, notamment en montres et en voitures de luxe. Son parc automobile est entre autres composé de dix-neuf voitures de luxe et de sport, dont six Bentley, une Rolls-Royce Phantom, deux Bugatti, une Porsche, une Maserati… Propriétaire de nombreux biens immobiliers dans la capitale française, Teodorin Obiang possède un immeuble au 42, avenue Foch.  La valeur de ce bien est estimée à 107 millions d’euros.

Le 20 juin dernier, le magazine Challenges a annoncé que le juge Roger Le Loire, a procédé à la saisie de six villas acquises par le défunt président gabonais dans les années 1970 et 1980. La justice française a également saisi l’hôtel particulier de la rue Edmond Valentin, dans le 7e arrondissement de Paris. Depuis l’ouverture de l’instruction judiciaire contre la famille Bongo, ce n’est pas moins de 50 à 60 millions d’euros qui ont été confisqués.

De ce que l’on sait, il subsisterait des liens opaques entre les familles Bongo et Nguesso quant à la gestion d’un bien immobilier en particulier. Notamment l’hôtel particulier appartenant aux Bongo, mais acquis par une SCI gérée par Guy Johnson, l’époux de Julienne Sassou-Nguesso. Cette dernière est la sœur cadette de la défunte Édith Lucie Bongo, fille aînée du président Denis Sassou-Nguesso, par ailleurs épouse de feu Omar Bongo.

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