Afrique : Le challenge de la numérisation des actes administratifs

D’ici l’an 2050, la population de l’Afrique franchira la barre des 2 milliards d’habitants selon les prévisions de l’ONU ; cette croissance exponentielle nécessite la création d’un modèle pour faire face à l’augmentation des besoins sur le continent. Bien que plusieurs startups innovantes ont vu le jour sur le continent depuis plusieurs années, certains services de bases n’ont toujours pas été reformés par la « révolution numérique » observée dans la majorité des pays africains. En effet, les dossiers médicaux, les extraits de naissances ou même encore les permis de conduire dans beaucoup de pays d’Afrique subsaharienne ne sont toujours pas archivés sur des bases de données numériques. Pourtant, il existe dans certains pays, des agences gouvernementales entièrement consacrées aux TIC (Technologies de l’information et de la communication), à l’instar de l’ANINF du Gabon ou encore l’ANTIC du Cameroun. Il semble cependant que la majorité de ces agences ne se soient pas encore penchées sur la gestion des dossiers médicaux ou encore des actes d’état civil.

Microsoft et Ecobank partenaires pour numériser l’Afrique

Ecobank Transnational Incorporated (Société mère du groupe bancaire africain Ecobank) et Microsoft ont signé des accords ce lundi pour moderniser et élever les standards des plus grandes villes du continent en matière de numérisation.

Ces accords prendront en compte la modernisation de secteurs qui auront les impacts les plus importants pour les pays africains. Des domaines tels que : les décaissements budgétaires, les paiements de frais de scolarité ou encore l’enregistrement des conducteurs. Cette entente, soutient aussi la mise en action d’un programme d’ « alphabétisation » digitale, certainement pour que les commerces et gouvernements puissent s’adapter à la numérisation de données dans leurs secteurs d’activité respectifs.

Cette collaboration est née de la pression de l’urbanisation sur les villes Africaines, mais aussi du besoin d’améliorer la qualité des services publics pour offrir un meilleur environnement aux populations. Selon Amr Kamel, (Manager général chez Microsoft) « toute nation soutenue convenablement par la technologie peut se transformer en un écosystème intelligent capable d’habiliter ses citoyens et employés et d’optimiser son fonctionnement pour améliorer les conditions de vie ». Le PDG d’Ecobank Ade Adeyemi a déclaré être « heureux de ce partenariat avec Microsoft pour accélérer la stratégie de transformation numérique – objectif principal pour développer l’inclusion financière en Afrique ».

Le problème des services de base

Le projet de Microsoft et Ecobank, bien que peu détaillé, pour le moment semble prometteur. L’Afrique ne peut pas évoluer économiquement sans se diriger vers la numérisation des données. Juste dans le secteur de la santé, la numérisation des dossiers médicaux pourrait permettre de conduire des analyses plus efficientes sur les pathologies des patients en établissant des tendances entre les symptômes passés, présents et futurs de ceux-ci.

Il est clair que conserver les informations sur une base de données numérique, va améliorer la qualité des services reçus sur l’ensemble du continent tous secteurs confondus. Cependant, pour qu’un tel projet puisse voir le jour et être implémenté de façon efficace, il faudrait que les services de distribution d’électricité et d’internet soient améliorés et plus fiables qu’ils le sont actuellement dans certains pays. Le Nigeria par exemple, (considéré comme l’une des plus grandes puissances économiques du continent) accuse près de 260 heures de coupure d’électricité dans un même mois. Ces délestages intempestifs freinent le continent car à l’ère du numérique, l’électricité a presque valeur d’oxygène.

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