Afrique du Sud : la province de Mpumalanga possèderait l’air le plus pollué de la planète

la province de Mpumalanga en Afrique du Sud possèderait l’air le plus pollué au monde
Une centrale de charbon en Afrique du Sud
SOURCE: courrierstrategique.com

APN – Selon un rapport publié par Greenpeace, la province de Mpumalanga en Afrique du Sud possèderait l’air le plus pollué au monde à cause des 12 centrales électriques au charbon regroupées sur un périmètre de 200 kilomètres.

Selon cette enquête, l’ONG établit une liste des cinquante régions du monde les plus polluées au dioxyde d’azote. On y retrouve une partie importante de pays africains et asiatiques, à savoir la Chine, l’Inde, l’Angola, la RDC et l’Afrique du Sud, entre autres.

En Afrique du Sud, la région du Mpumalanga située à l’Est du pays et à environ une cinquantaine de kilomètres de Johannesburg, serait le « pire point chaud du monde » selon Greenpeace.

Une première place qui serait due à l’industrie du charbon dans cette région. En effet, l’Afrique du Sud est le septième producteur de charbon au monde et un grand consommateur de cette ressource dont provient près de 90% de son électricité. Malheureusement, le charbon est très polluant et la quasi-totalité de la production nationale est concentrée dans la région de Mpumalanga, faisant d’elle la région où l’air est le plus pollué sur la planète.

Une pollution aux conséquences désastreuses. Elle aurait été à l’origine de près de 2200 décès prématurés à cause de l’intense activité industrielle autour du charbon.

Afrique et pollution : un frein au développement économique du continent ?

Bien que ces chiffres soient alarmants et appellent à une prise de conscience des autorités compétentes, ce sont aussi des chiffres qui étonnent. En effet, le continent est reconnu comme marginalisé quant à son développement industriel à l’échelle mondiale.

On estime à 1,1% le poids du continent africain dans la production manufacturière mondiale. Un pourcentage principalement détenu par les pays du Maghreb et l’Afrique du Sud. Au contraire, la part de la Chine est de 25%.

A cause du retard économique du continent, il s’agit d’une part qui aura tendance à augmenter car les pays les moins développés souhaitent rattraper leur retard mais aussi transformer eux-mêmes leurs matières premières afin d’y dégager plus de valeur ajoutée qu’en vente à l’état brut.

Cependant, les organisations mondiales de lutte pour l’environnement multiplient les mises en garde face au développement du continent africain et les conséquences sur la planète. C’est le cas des résultats de cette enquête Greenpeace, entre autres.

Certes, ce sont des mises en garde à prendre au sérieux mais il faudrait aussi les nuancer. Dans certains pays occidentaux (Canada par exemple dans les provinces de l’Ontario et du Québec), on peut voir l’apparition de plus acides formées par la pollution au dioxyde de soufre et l’oxyde d’azote. En janvier dernier, une fuite de méthane en Californie (30 à 50 tonnes par heure pendant près de 3 mois) a augmenté de 25% les gaz à effet de serre produits dans l’état californien. Des exemples de catastrophes aux graves conséquences mais qui ne font pas apparaître les villes concernées dans les rapports des ONG environnementales.

A force, on pourrait presque penser que les pays les moins développés sont les plus pointés du doigt. On leur conseille de ralentir leur rythme d’activité industrielle afin de ne pas détruire l’environnement quand de leurs côtés, les pays développés ont eux-mêmes beaucoup de mal à passer aux énergies vertes.

Ces conseils, bien que fondés et nécessaires à la préservation de la planète, devraient s’appliquer à tous et peut-être même plus aux pays développés qui ont davantage les moyens d’effectuer une transition vers les énergies vertes. Dans le cas contraire, ralentir l’industrialisation africaine sans imposer des mesures radicales aux autres continents limiteraient les impacts positifs éventuels et creuseraient les inégalités entre les continents riches et pauvres.

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