Afrique : les morsures de serpent dans la liste «maladies tropicales négligées»

Une Bitis arietans, sa morsure est mortelle et les complications locales sont souvent très importantes. © IRD

Afrique Santé – D’après l’Organisation mondiale de la santé (OMS) les morsures de serpent tuent plus de 100 000 personnes par année. L’organisation a récemment pris une mesure pour réduire ce nombre en ajoutant les morsures de serpents venimeux à sa liste de maladies tropicales négligées – une classification qui pourrait aider à obtenir plus de ressources allouées à la lutte contre ce problème de santé publique. Bien que les morsures de serpent ne constituent pas une maladie en soi mais plutôt une «blessure»;  l’injection du venin du serpent, elle,  peut être considérée comme une maladie.

Médecins sans Frontières, qui avait déjà critiqué la communauté mondiale de la santé pour ne pas avoir accordé suffisamment d’attention aux morsures de serpent, a salué l’annonce.

L’accès à l’anti-venin reste encore difficile en Afrique Sub-Saharienne

En Afrique subsaharienne, on estime que 20 000 à 32 000 personnes meurent chaque année de morsures de serpent, déclare Julien Potet, conseiller en matière de maladies tropicales chez Médecins sans Frontières, où il se concentre sur l’Afrique subsaharienne et le Moyen-Orient. Il peut prendre plusieurs heures pour que les victimes en Afrique subsaharienne atteignent les cliniques, dit Potet, et il s’inquiète du manque d’accès à l’anti-venin.

Selon l’OMS, de nombreuses victimes de morsures de serpent sont des agriculteurs et des personnes issues de communautés rurales pauvres, loin des capitales. Les agriculteurs, y compris les travailleurs migrants, sont parfois mordus en parcourant les champs. Certains d’entre eux dorment dans les champs où ils travaillent, ce qui les expose encore plus aux morsures.

Le traitement des morsures de serpent s’effectue à un coût élevé

Beaucoup de cas de morsures sur le continent noir sont liés au manque de prévention, dans les champs, les agriculteurs marchent sans lampe de poche ou même sans bottes. Ces zones rurales sont généralement difficiles d’accès et les hôpitaux en sont très éloignés. Dans certains cas, près de 12 heures peuvent s’écouler entre le moment de la morsure de serpent et l’arrivée à l’hôpital. Par conséquent, ce genre de délais rend facilement une morsure de serpent fatale.

Le coût du traitement des morsures de serpent peut également empêcher les victimes de demander de l’aide. Les cliniques ou les hôpitaux peuvent facturer de 80 à 150 $. Cependant, Médecins Sans Frontières fournit un traitement gratuit.

Une source commune de morsures fatales dans certaines parties de l’Afrique est la vipère de tapis. C’est l’un des serpents dont le venin peut causer le saignement et empêcher la coagulation du sang. D’autres maladies sur la liste des maladies tropicales négligées comprennent la rage, la gale et la lèpre.

Source : NPR 

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