Afrique du Sud : 94 patients décédés, le ministre de la Santé démissionne

Le ministère de la santé mis en cause pour négligence dans le décès de 94 personnes. C’est tôt ce matin que Mme Qedani Mahlangu, ministre de la Santé du gouvernement du Gauteng, une province du centre d’Afrique du Sud, a déposé sa démission auprès du Premier ministre David Makhura. Pour cause, un rapport publié par un ombudsman local, qui révèle les décès de 94 malades mentaux, suite à la négligence des autorités particulièrement du ministère de la Santé.

D’après ce rapport, la ministre aurait autorisé le transfert de malades mentaux, suite à des restrictions budgétaires, vers des structures illégales, dans lesquelles presque une centaine d’entre eux auraient perdu la vie dans des conditions épouvantables.

Un rapport accablant contre les autorités sanitaires

«?NO GUNS: 94+ SILENT DEATHS AND STILL COUNTING?» (pas d’armes, 94 morts silencieux, et le décompte ne sont pas finis ».) C’est le titre du rapport d’enquête publié ce mercredi 1er février 2017 par l’ombudsman local, le docteur Malegapuru Makgoba. Pour le défenseur des droits des citoyens, il s’agit d’un gros problème de négligence.

En effet, l’année dernière, le ministère de la Santé de la localité met fin à leur contrat avec un établissement psychiatrique, et se voit obliger de reloger ses 1039 patients. Selon le rapport, les établissements choisis par le ministère de la Santé n’étaient pas adéquats et ne remplissaient pas les conditions requises. On parle de centres gérés par des ONG opérant en toute illégalité dans la province du Gauteng.

«?Ils sont morts de déshydratation, diarrhée, épilepsie, crise cardiaque, pas de maladies mentales. On a pris des patients d’un hôpital où ils recevaient des traitements, mangeaient et buvaient, pour les emmener vers des ONG où il n’y avait pas de nourriture, d’eau, de chauffage?» confit le docteur Malegapuru Makgoba.

Au total, 80 % des 94 personnes ayant perdu la vie auraient succombé dans cinq centres qui ne remplissaient aucune condition requise pour accueillir et gérer ce type de malades.

Pour Mark Heywood, directeur de l’ONG Aids Law Project, la qualité des soins et les services inadaptés délivrés par les centres gérés par des ONG sont les principaux mis en cause. S’ajoute à cela, le manque de préparation dans le transfert des patients.

Ainsi, il explique que certains malades sont décédés par ce qu’ils n’auraient reçu aucun soin, d’autres par ce qu’ils n’auraient pas reçu suffisamment de nourriture. Certains sont décédés, car les blessures qu’ils s’étaient infligées n’ont pas été traitées, et d’autres parce qu’ils n’ont pas reçu les médicaments qu’ils devaient prendre. Avant de conclure, «?des 94 personnes décédées, seules une est morte de la maladie dont elle souffrait.?».

Démission et poursuites judiciaires

L’affaire des 94 malades mentaux, décédés par négligence, fait déjà d’énormes vagues dans la province et devrait mener les responsables de ce drame devant les tribunaux.

Le docteur Malegapuru Makgoba, à travers son rapport a exigé la fermeture systématique des établissements et des ONG mis en cause dans cette affaire, y compris celles dans lesquelles se trouvent encore des patients de cette vague de transfert, et qui ne réunissent pas les conditions nécessaires pour prendre en charge ce type de malade. De plus, il a réclamé la démission du ministre de la Santé, Mme Qedani Mahlangu et des poursuites judiciaires pour tous les responsables présumés de ce drame.

 
 

Laisser un commentaire