Afrique du Sud : la banque Absa sommée de rembourser une vieille dette estimée à 150 millions d’euros

A woman uses an ATM at a branch of Barclays South African subsidiary Absa bank in Johannesburg, in this picture taken March 6,2016. REUTERS/Siphiwe Sibeko – D1AESUDYCGAB

Economie (APN) – Ce samedi 28 janvier, certains Sud-Africains ont décidé de se faire entendre afin d’exiger le remboursement d’une ancienne dette par la banque Absa.

Accusée d’avoir perçu plusieurs millions d’euros sous le régime de l’apartheid dans les années 80 sous la forme d’un prêt étatique, la quatrième plus grosse banque du pays n’a semble-t-il jamais rien remboursé. Plusieurs manifestations sont attendues ce jour devant les différents établissements bancaires Absa du pays, pour dénoncer ce forfait et demander réparation.

Un pré-rapport qui met le feu aux poudres

C’est début janvier, que l’information a fuité. La nouvelle médiatrice de la République rédige un rapport afin de déterminer si oui ou non le groupe Absa – anciennement Bankorp – a bénéficié d’un prêt frauduleux sous l’Apartheid.

En ce moment, seul le nom d’Absa est cité dans cette affaire, mais ne peut-on pas se demander si ce rapport n’ouvrira la porte à d’autres rapports ? D’autres entreprises ayant bénéficié frauduleusement de l’argent de l’État peuvent effectivement craindre de passer sur le banc des accusés elles aussi.

Un scandale à 150 millions d’euros

C’est le montant que devrait rembourser le groupe bancaire. À l’époque le gouvernement sud-africain lance non pas un, mais plusieurs plans de sauvetage pour Bankrop. Des années plus tard, le fisc sud-africain attend toujours le remboursement de la somme prêtée.

Du côté des accusés, on ne s’inquiète pas plus que ça. Le groupe se montre d’ailleurs coopératif et ne veut accuser personne de récupération politique.

#UniteOccupyABSA ou #PayBackTheMoney

Bien qu’aboli depuis 1993, le pays de Nelson Mandela porte encore les stigmates de l’apartheid. À la révélation de ce qu’on pourrait appeler l’affaire des plans de sauvetages illégaux, plusieurs associations sont montées au créneau pour exiger le remboursement immédiat de ladite dette.

Ainsi le groupe Black First Land First (BLF) a appelé à la mobilisation générale. Le mot d’ordre est lancé “Unissons nous et occupons ABSA” annonce la BLF dans un communiqué du 20 janvier 2017. Le rendez-vous est donc pris pour aujourd’hui, dans les 50 agences Absa du pays. Même chose du côté des jeunes militants du parti du pouvoir en place (ANC), la Youth League of ANC, qui ont mené une action similaire le 26 janvier.

Une tentative de diversion de la part du pouvoir ?

Comme toute histoire à deux versions, celle-ci n’échappe pas à la règle. Certains prétendent que la banque Absa n’a en fait rien à se reprocher, mais subit simplement l’excès de zèle de la médiatrice Busisiwe Mhkwebane. En effet, un précédent rapport publié en 2002 stipulait que l’établissement financier n’avait pas bénéficié dudit prêt.

En revanche, la réouverture de ce dossier coïncide parfaitement avec le scandale de l’enrichissement illicite de la famille Gupta, grâce aux largesses de Jacob Zuma l’actuel président. Simple coïncidence ou réelle machination ? Toujours est-il que les Sud-africains se sentent volés et entendent bien demander des comptes à Maria Ramos, directrice générale du groupe Absa.

 

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