Afrique du Sud : des maisons d’immigrants africains brûlées

Société Afrique du Sud – C’est un week-end violent qui s’est achevé Rosettenville, quartier Sud de Johannesburg. Des dizaines de maisons d’étrangers ont été brûlées par des Sud-Africains.

Au moins 15 maisons louées ou appartenant à des immigrants africains, principalement nigérians, ont été brûlées ce week-end à Rosettenville. Les résidents en colère reprochent aux immigrants nigérians d’avoir transformé leur quartier en un refuge de la drogue.

Ils affirment que les Nigérians se sont illégalement approprié la plupart des habitations et en ont fait des repères de trafic de drogue et de prostitution.

Des immigrants considérés comme criminels

Le président de l’ADM (The African Diaspora Forum), Mr Marc Gbaffou a confirmé l’existence des attaques. Il en a profité pour reprocher au maire de Johannesburg, Herman Mashaba, d’avoir tenu des propos incendiaires.
En effet, début décembre dernier, Mr Mashaba a déclaré lors d’une conférence que les immigrants illégaux sont arrivés par des moyens criminels et devraient être traités comme tels.

Vendredi, il s’est rendu à Rosettenville où il a affirmé que certains étrangers employaient des filles très jeunes (parfois âgées d’à peine 9 ans selon lui) en tant que prostitués dans ce qu’on appelle des « drug houses » (maison de la drogue). Il a également rajouté que la plupart des femmes de ces maisons closes ne sont d’ailleurs pas enregistrées officiellement auprès des services de l’immigration ou de la documentation nationale.

Les membres de la communauté sont du même avis. Pour eux, ces maisons sont occupées de façon illégale par des Nigérians qui les utilisent comme des maisons closes. Les Sud-africains du quartier jugent inconcevable que certains d’entre eux doivent vivre dans la rue pendant que des étrangers gèrent des maisons closes et/ou vendent de la drogue dans les habitations du quartier.

Les leaders tentent d’apaiser les tensions.

Mr Gbaffou a dit qu’il était irréfléchi pour le maire de faire de telles déclarations sans preuve. Il a déclaré : « De quelles preuves disposons-nous pour affirmer que les étrangers gèrent ces maisons closes? Ses commentaires (ceux du maire) sont particulièrement incendiaires. Ils sont très dangereux et peuvent être perçus comme une incitation à la haine ».
Mr Andile Tshem, leader de la communauté, a appelé les résidents à ne pas faire usage de la violence « Nous n’encourageons vraiment pas cela, le mal ne peut pas réparer le mal » et a rajouté qu’il était grand temps que les agents des forces de l’ordre prennent des mesures contre les criminels afin d’éviter le recours à la justice populaire.

Des dizaines d’immigrants aujourd’hui sans domicile

Les Nigérians ne sont pas les seuls immigrants à avoir subi ces violences, des dizaines d’immigrants africains de différentes origines se retrouvent aujourd’hui sans domicile.

Une jeune Malawienne a témoigné « je suis innocente, ces gens disent que les maisons appartiennent à des Nigérians et je ne suis pas Nigériane. Cela fait 3 ans que je vis ici, avant de brûler nos maisons ils doivent nous demander d’où nous venons. Je suis Malawienne, mon mari et toutes mes sœurs sont du Malawi. Je me sens mal, je ne sais pas où aller. Des gens que je ne connais pas m’ont aidé en me donnant de l’argent pour dormir dans un abri la nuit dernière, mais où allons-nous dormir ce soir ? »

Ces violences ramènent la question de la xénophobie à l’ordre du jour. Les leaders de la communauté rappellent que même si les revendications sont légitimes, seul le système judiciaire est apte à juger et prendre des mesures contre les criminels.

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