Afrique du Sud : Ndileka Mandela, petite-fille de Nelson Mandela, retire son soutien à l’ANC

Ndileka Mandela
Ndileka Mandela Crédit photo : The Times

Ndileka Mandela, petite-fille de l’icône de la lutte anti-Apartheid Nelson « Madiba » Mandela, a annoncé ne plus vouloir voter pour l’ANC. Son frère, Mandla Mandela, lui demande dans une lettre ouverte de reconsidérer sa décision.
L’actualité sud-africaine a été marquée le vendredi 17 mars dernier par l’annonce de Ndileka Mandela, l’ainée des petits-enfants de Nelson Mandela. Celle-ci déclarait qu’elle ne soutiendra et ne votera plus pour l’African National Congress (ANC), le parti historique anti-apartheid fondé par son grand-père. Elle affirme que « ce n’est pas une décision prise sous le coup de la colère » ; que c’est une suite d’évènements qui l’a conduite à cette conclusion.
Elle ajoute que le « point de non-retour » a été dans un premier temps, la tragédie de Life Esidimeni, où plus d’une centaine de patients déficients mentaux ont perdu la vie après avoir été transférés dans des établissements sans autorisation d’exercer. Et dans un second temps, la crise du non-paiement des aides sociales du South African Social Security Agency (Sassa) à 17 millions de bénéficiaires. Ndileka Mandela, infirmière de formation et présidente de la Thembekile Mandela Foundation qui vient en aide aux communautés défavorisés dans la province du Cap oriental, s’est dite « choquée » par ces deux évènements et le gaspillage d’argent public dont fait montre son parti politique.

« L’ANC ne représente plus les valeurs de Madiba »

Son frère, Mandla Mandela, lui demande dans une lettre ouverte touchante de revoir sa position. « Il ne faut pas jeter le bébé avec l’eau du bain », clame-t-il dans son texte, comme un appel à la cohésion et à l’union du parti mais aussi de la famille pour préserver l’héritage de Madiba. « Abandonner l’ANC dessert la cause du peuple sud-africain et fragilise les efforts de ceux qui souhaitent redorer le blason de notre organisation. Il est de notre obligation de corriger ce qui ne nous satisfait pas à l’ANC. ».
Ndileka Mandela campe sur sa position et affirme que l’ANC « ne s’inspire plus de ce pour quoi son illustre grand-père et ses camarades ont combattu ». Le parti au pouvoir depuis les premières élections libres du pays en 1994 connait depuis quelques temps une certaine impopularité. Contesté de toutes parts, même dans les rangs de son parti, du fait de ses nombreuses implications dans des affaires de corruption, Jacob Zuma devrait quitter la présidence du parti en décembre 2017 pour laisser la place à son successeur qui représentera l’ANC aux prochaines élections présidentielles en 2019.

Laisser un commentaire