Afrique du Sud : la xénophobie et les contradictions de Jacob Zuma

Jacob Zuma, Président sud-africain © Lexpress

Le pays est plongé depuis quelques semaines dans une vague violente de xénophobie. Vendredi dernier à Johannesburg et Pretoria, les habitants ont manifesté devant le ministère de l’Intérieur. Les Sud-Africains reprochent aux étrangers, plus précisément aux Nigérians et Pakistanais, d’être les auteurs de l’augmentation de la criminalité et de la prostitution.

Les étrangers sont lynchés par les populations, mais le gouvernement sud-africain pense que ces violences sont des cas isolés. Le Nigéria demande que des mesures imminentes soient prises pour sauver la vie de ses ressortissants. Bien que cela soit difficile à gérer, les forces de l’ordre tentent d’apaiser les tensions.

Des manifestations xénophobes plongent les étrangers dans la peur

Depuis plusieurs jours, des manifestations et violences contre les immigrés s’intensifient en Afrique du Sud plus précisément à Johannesburg et Pretoria. Vendredi dernier, plus d’un millier de personnes ont répondu à l’appel d’une grande manifestation rassemblant un collectif d’habitants de Pretoria devant le ministère de l’Intérieur. Les habitants accusent les immigrés non seulement de leur voler du travail, mais aussi d’encourager la criminalité et la prostitution dans le pays. Bien qu’il n’y ait pas eu de victimes, les attaques sont fréquentes en Afrique du Sud. Les étrangers sont lapidés, de nombreux commerces sont détruits. Des dizaines de bâtiments occupés par des étrangers ont été brûlés. Les populations sud-africaines pensent que la présence des étrangers est la principale cause du chômage et de la criminalité. Ce sont ces raisons qu’ils utilisent pour justifier les violences xénophobes dans le pays depuis des semaines.

Bien qu’il soit difficile de déterminer exactement le nombre d’étrangers en Afrique du Sud, les estimations sont de plus de deux millions. Un nombre trop important selon de nombreux Sud-Africains. L’Afrique du Sud, par son histoire, est pourtant le pays le mieux placé pour comprendre la xénophobie bien qu’il semblerait que les anciens oppressés soient devenus les oppresseurs. Mais comment expliquer qu’une ancienne population victime de racisme en soit arrivée à user d’autant de violence contre les étrangers ? Les raisons restent pour le moment floues. Les communautés les plus attaquées sont les Nigérians, accusés d’abriter des maisons de passe dans les villes. Les dernières manifestations anti-immigrées ont été dispersées par la police et les ont conduites à renforcer leur présence.

Le gouvernement semble impuissant face à la montée de cette xénophobie

En Afrique du Sud, un semblant de calme est revenu depuis samedi après la marche xénophobe. La société civile est très inquiète. Jeudi dernier, un appel au calme a été lancé par le gouvernement. Les représentants de la diaspora au travers d’un forum ont interpellé le gouvernement qui jusqu’ici restait silencieux face à cette vague de xénophobie. Ils pensent que le gouvernement « criminalise les étrangers » après les propos ambigus de la présidence de la république. Jacob Zuma a certes « fermement condamné les actes de violence », il a également rajouté lors de sa déclaration que « l’on ne peut ignorer que dans les communautés, la plupart des crimes, tels que le trafic de drogue ou la prostitution, sont perpétrés par des étrangers ».

Le président Zuma conteste l’idée selon laquelle, les sud-africains sont xénophobes, car leur pays accueille encore aujourd’hui plusieurs immigrés. Lors d’une de ses déclarations, il en ressort donc que « dire que les sud-africains sont xénophobes est discutable…il ne pense pas qu’il y’ait un nombre si élevé d’étrangers si effectivement l’Afrique du Sud était xénophobe». Bien que plusieurs représentants politiques aient demandé aux sud-africains de se calmer, la vague de xénophobie augmente. L’ambassadeur d’Afrique du Sud a été convoqué d’urgence au Nigéria pour demander au gouvernement sud-africain de prendre des mesures pour protéger ses ressortissants. Le Nigéria espère que le gouvernement traduise en justice les auteurs de ces actes pour éviter un incident diplomatique.

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