Algérie : des étudiants protestent contre la candidature de Bouteflika

Des étudiants manifestent contre la candidature d’Abdelaziz Bouteflika (AP Photo/Anis Belghoul)

Algérie (Politique) – Des étudiants manifestent contre la candidature d’Abdelaziz Bouteflika à la prochaine présidentielle d’avril 2019.

« Les étudiants sont en colère », peut-on lire sur une pancarte. En effet, a Alger les étudiants manifestent leur mécontentement. En cause, l’éventuelle candidature de l’actuel président, Abdelaziz Bouteflika. A 81 ans, le chef d’Etat algérien prévoit déposer sa candidature en vue de l’élection du 18 avril prochain. Il serait donc candidat à sa propre succession pour un cinquième mandat.

Hier, à Alger, les étudiants ont appelé au rassemblement. Ils ont suivi le mouvement de leurs aînés des villes voisines pour protester contre cette candidature. A cet effet, ils se sont donné rendez vous mardi 26 février à 10 heures. Réunis dans l’enceinte de l’université, ils ont pris position en agitant drapeaux et banderoles. Le cortège est plus tard descendu dans les rues où les forces de l’ordre quadrillaient la zone. « Le peuple ne veut ni de Bouteflika ni de Saïd [frère du président ndlr] », dit l’un des slogans.

Le mandat de trop ? 

A la tête du pays depuis le 27 avril 1999, Abdelaziz Bouteflika, 82 en mars prochain, semble ne pas vouloir laisser le fauteuil présidentielle de sitôt. Dans un pays où 45% de la population a moins de 25 ans, il est pour beaucoup, le seul président qu’ils aient connu.

Après un AVC en 2013, les séquelles sont importantes et son aptitude à diriger est constamment remise en question. En effet, rares sont les apparitions publiques du président algérien. Quand il le peut, il se déplace en fauteuil roulant et vit dans une résidence médicalisée. En 2014, il se fait réélire sans même avoir battu campagne. Un exploit qu’il compte vraisemblablement reproduire en 2019.

Muet, paralysé et quasiment invisible, la question se pose. Mais qui gouverne réellement en Algérie ?

Selon plusieurs observateurs, Abdelaziz Bouteflika ne serait qu’un président de façade. Plusieurs personnes clés gravitent autour de lui avec chacun un rôle spécifique. Parmi elles, Said Bouteflika, son frère. Conseiller spécial du président dès son élection en 1999, son influence croit d’années en années. Considéré pour beaucoup comme le « réel » président, il veille non seulement sur son frère et sa santé et gère minutieusement le cercle du président. Il est notamment de tous les déplacements officiels. « il tient l´agenda du chef de l´État, intervient dans les nominations de ministres, de diplomates, de walis [préfets], de patrons d´organismes publics, et influe sur la vie interne du FLN.», confiait une source proche des Bouteflika au magazine Jeune Afrique en 2013.

D’aucun le soupçonne donc d’utiliser son influence pour se préparer le terrain. Une succession que dénoncent les manifestants. « C’est une république pas un royaume » disent certaines affiches.

Si les algériens n’avaient pas réagis à la candidature de 2014, cette année sonne comme la candidature de trop. Alors les populations militent contre cette dernière. Les premières manifestations ont commencé le vendredi 22 février, et se sont poursuivies ce mardi avec les étudiants. Vendredi à nouveaux, ils sont nombreux à être attendus pour une nouvelle mobilisation. Et si jamais la candidature était accepté ? Ce ne serait pas un frein. Pour Walid, un manifestant, « Le premier pas, c’est l’opposition au cinquième mandat, après il y aura autre chose à faire. »

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