Algérie : le report des élections passe mal auprès des populations

Algérie (Politique) – Alors que la décision de ne pas briguer un 5e mandat est saluée partout en Algérie et au delà, l’annonce du report de l’élection présidentielle elle a du mal à passer.

Si certains s’attendaient à des liesses populaires après l’annonce du retrait d’Abdelaziz Bouteflika, on constate que la mobilisation des Algériens ne faiblit pas. Les étudiants par exemple ont a nouveau envahi les rues ce mardi 12 mars. L’heure est à l’incompréhension, voire même à l’agacement. Pourtant, la décision de Bouteflika de ne pas briguer un nouveau mandat était effectivement une de leur demande. Mais l’annonce du report du scrutin du 18 avril ne fait pas de sens pour eux. Ils revendiquent « un changement de système » et appellent alors à la fin immédiate du mandat de Bouteflika. Sur certaines pancartes on peut d’ailleurs lire « Non à la prolongation du 4e mandat. »

Un quatrième mandat illimité ?

La joie attendue fait plutôt place a beaucoup de scepticisme. Dans certains quartiers, au cortège des étudiants se sont ajoutés plusieurs habitants qui réclament non seulement un changement de personne à la tête du pays, mais aussi un réel changement politique. Nombre de citoyens craignent que ce report soit un moyen déguisé de garder Bouteflika en place pour une durée indéterminée. D’autres encore y voient la main invisible du cercle du président afin de gagner du temps avant de placer un des leurs.

Mardi après-midi à Tizi Ouzou, les magistrats ont apporté leur soutien aux manifestants. Rejoins par des avocats, des greffiers ou encore des huissiers de justice, ils ont eux aussi protesté contre le report du scrutin. Pour eux c’est une violation flagrante de la Constitution. « Notre action a pour objectif d’affirmer que le pouvoir judiciaire est un pouvoir indépendant », a expliqué un de leur représentant.

Du côté de l’opposition on n’y croit pas trop non plus. En effet, elle réclame elle aussi le départ immédiat du président algérien. Karim Tabbou, de l’UDS, appelle par ailleurs à manifester ce vendredi 15 mars. Pour lui, les annonces du gouvernement ne sont que des « faux semblants ». Lundi soir, après l’annonce de Bouteflika, il dénonçait un coup d’Etat du pouvoir en place. « Nous avons bien compris que vous êtes en train de tenter la manœuvre, de tenter le coup d’État », a-t-il martelé dans une vidéo.

On craint un scénario à la Kabila. Si Kabila avait finalement accepté de renoncer à la présidence, ce ne fut pas un combat gagné d’avance. Président illégitime après ses deux mandats prévus par la constitution, il a usé de nombreux rouages pour retarder l’échéance électorale.

Une transition en vue d’un changement de système

Dans son adresse à la nation lundi soir, Abdelaziz Bouteflika, a promettait une conférence nationale dans le but de « réformer le système politique et d’élaborer un projet de Constitution d’ici fin 2019. » Abondant dans ce sens, le nouveau vice-premier Ministre se veut rassurant. En effet, à la radio nationale, Ramta Lamamra, assure que la transition ne sera pas éternelle. « Personne n’a intérêt à ce que la période de transition s’éternise”, a-t-il déclaré sur les ondes.

Parallèlement, Noureddine Bedoui, récemment nommé premier Ministre, devrait annoncer la composition de son gouvernement.

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