Amnesty International accuse le Tchad de violer les droits humains

Amnesty International accuse le Tchad de violation des droits humains
Critiquer les actions du gouvernement tchadien sur internet est passible de peines d’emprisonnement. © Amnesty West Africa / Twitter

(Africapostnews) — Dans un rapport publié ce 14 septembre par Amnesty International, l’ONG accuse les autorités tchadiennes de violations des droits de l’Homme en réprimant violemment ceux qui s’opposent au régime.

Alors que l’insatisfaction des populations grimpent vis-à-vis des autorités tchadiennes, celles-ci décident d’appliquer plusieurs lois répressives pour répondre. Entre autres, les détentions arbitraires, les prisonniers d’opinion, les répressions violentes et plusieurs autres méthodes portant atteinte aux droits humains se multiplient.

Depuis 2016 peut-on lire dans ce rapport, la liberté d’expression, la liberté d’association et de réunion pacifique sont restreintes. Une frange de la population est directement visée par ces mesures. Ce sont les défenseurs des droits humains, les membres des mouvements citoyens, les syndicalistes, les journalistes et tous ceux qui émettent des critiques envers le régime d’Idriss Déby.

Ce ne sont pas moins de 65 associations qui se sont vu refuser le droit d’organiser des manifestations. En 2016 seulement, 13 décrets ministériels interdisant des manifestions ont été publiés. Ajouté à cela, une dizaine de sites internet critiques envers le pouvoir ont été bloqués.

Les exactions de l’ANS qui violeraient les droits humains

Selon Alioune Tine, directeur régional pour l’Afrique de l’Ouest et l’Afrique centrale à Amnesty International, le Tchad risque de replonger dans une période sombre de son histoire. « Les forces de sécurité et les services de renseignement conduisent une répression brutale, qui expose les personnes critiquant le régime à un danger grandissant depuis deux ans et menace désormais de faire retomber le pays dans une période sombre. » a-t-il affirmé.

En effet, l’Agence nationale de la sécurité (ANS) est accusé d’usage excessif de la force. Désignée comme un des responsables de la répression brutale, les prérogatives de l’ANS ont été élargies en janvier par le gouvernement. Elle peut désormais « arrêter des défenseurs des droits humains pour des motifs liés à la sécurité nationale ». Aussi, l’ANS détient illégalement de nombreuses personnes dans des lieux secrets. Ainsi, ces individus sont coupés de leur famille et le contact avec leur avocat ne peut s’établir.

L’exemple de l’activiste Mahadine Babouri est évoqué dans le rapport de l’ONG internationale. Ce cyber activiste est détenu depuis le 30 septembre 2016 à 300 km de N’djamena, loin de sa famille et de son avocat. Il risque la réclusion à vie pour avoir posté sur internet, une vidéo mettant en cause les actions du gouvernement.

« Essaie de parler et tu verras »

La surveillance téléphonique est très souvent évoqué quand il est question des méthodes de sécurité utilisées par les autorités tchadiennes. Ces dernières ne nient pas y avoir recours. Le ministre de la Sécurité publique a indiqué qu’un individu sur le sol tchadien pouvait être « mis sur écoute et espionné ». Des agents d’entreprises de télécommunications ont eux aussi affirmé que certaines personnes étaient mises sur écoute.

Ce procédé très souvent utilisé contre les militants des droits de l’Homme, s’accompagne souvent de nombreuses menaces. « Seuls 2 sur 45 » (militants) ont indiqué ne pas avoir reçu d’appel de ce genre.

Un défenseur des droits humains a déclaré :

« Je reçois en général les appels anonymes tôt le matin, vers cinq ou six heures, et la nuit. Le correspondant reste silencieux ou dit simplement “essaie de parler, et tu verras” »

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