Une armée de chenilles décime les récoltes africaines

Une espèce américaine de chenilles se propage à une vitesse affolante en Afrique et détruit sur son passage les récoltes, laissant derrière elle, des fermiers désemparés.
Chenilles cachées dans l’épi de maïs

Une invasion de chenilles voraces

Ces chenilles, appelées «?chenilles d’automne?» et originaires du continent américain, détruisent les récoltes des agriculteurs sur le continent. Elles attaquent les jeunes pousses de maïs, ce qui stoppe ainsi la croissance de la plante. Puis, elles se cachent à l’intérieur des épis pour s’en nourrir. L’Afrique australe, notamment la Zambie et l’Afrique du Sud, est la zone la plus touchée pour le moment. Mais la crise se propage rapidement?; le Togo, le Bénin, le Ghana et le Nigeria sont les premières victimes en Afrique occidentale.
Selon une étude du Centre International pour l’Agriculture et les Biosciences (CABI) publiée le 6 février dernier, ces chenilles seraient arrivées en Afrique sous la forme larvaire ou adulte dans des produits alimentaires contaminés. Dr Matthew Cock, scientifique en chef du CABI, s’inquiète de la virulence de l’épidémie et pense qu’elle pourrait atteindre en peu de temps l’Asie tropicale et la Méditerranée.
L’Agence des Nations unies pour l’alimentation (FAO) appelle à une «?réunion régionale d’urgence?». Celle-ci devrait se tenir à Harare (Zimbabwe) du 14 au 16 février prochain afin de trouver une solution.

Un impact sur l’économie africaine et mondiale

L'agricultrice Mutale Sikaona examine des plantes touchées par des tétranyques dans le district de Keembe, en Zambie

L’agricultrice Mutale Sikaona examine des plantes touchées par des tétranyques dans le district de Keembe, en Zambie, le 6 janvier 2017. REUTERS / Jean Mandela

Cette épidémie pourrait avoir des conséquences considérables sur le plan économique si elle n’est pas éradiquée au plus vite. En effet, cette espèce de chenilles s’attaque aux pousses de maïs, mais aussi à une centaine d’autres plantes : soja, riz, sorgho, mil et canne à sucre entre autres. Si elle perdure, cette crise pourrait impacter de façon significative les échanges commerciaux avec le reste du monde.
Cette invasion constitue aussi une menace pour la sécurité alimentaire des pays touchés, voire du continent. Ces matières premières agricoles constituent la base du régime alimentaire de nombreuses populations africaines : leur destruction par les chenilles pourrait entrainer des difficultés d’approvisionnement pour les locaux. Quant aux agriculteurs, ils perdraient leur première source de revenus financiers.
En Zambie, dans la lutte contre ces envahisseurs, 130 000 hectares d’exploitations ont déjà été affectés et les coûts s’élèveraient à plus de trois millions de dollars. En Afrique du Sud, après quelques tests fructueux, Senzeni Zokwana, le ministre de l’Agriculture, lui, est convaincu de pouvoir contenir grâce aux pesticides et demande aux producteurs de pesticides d’adapter leur production compte tenu de la situation actuelle. Selon le CABI, il faudrait plusieurs années avant de trouver une solution efficace pour éradiquer l’invasion. Les espoirs d’amélioration reposent désormais sur la rapidité d’exécution des scientifiques.

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