Bénin : devoir de mémoire 16 janvier 1977 – 16 janvier 2017

Histoire Bénin – Très peu de Béninois s’en souviennent aujourd’hui, mais il y a 40 ans des mercenaires avec à leur tête Bob Denard débarquaient au Bénin avec pour mission de renverser le régime du marxisme-léninisme du Général Mathieu Kerekou.

La mission avait pour nom de code « Crevette ». Selon les confidences de Bob Denard cité plus bas, le docteur Émile Derlin Zinsou serait le commanditaire de ce coup d’État. « À Paris, où j’ai établi ma base arrière, il me fait rencontrer le docteur Émile Derlin Zinsou, l’ancien président du Dahomey, destitué en juillet 1969 par le lieutenant-colonel Kouandété.
En octobre 1975, Zinsou a tenté de reprendre le pouvoir, mais son complot a échoué et il a été condamné à l’exil. Présidé par le général Mathieu Kérékou depuis 1972, le Dahomey est devenu la République populaire du Bénin. Émile Derlin Zinsou lui confia: “ Mon malheureux pays est un enfer pour ceux qui rêvent de liberté, me déclare le médecin. Le tyran Kérékou vient de faire exécuter onze de mes partisans. Il faut que vous m’aidiez à renverser ce régime marxiste”.

Des mercenaires débarquent à Cotonou et un coup  d’État échoué

Ainsi les mercenaires fortement armés partis du Gabon débarquèrent  à Cotonou le 16 janvier 1977.  Ils  connurent toutefois  un échec cuisant grâce à l’opposition farouche des Forces Armées Révolutionnaires Populaires (FARP), du manque d’information sur la situation à Cotonou, mais également grâce à la participation d’une délégation de l’armée coréenne en visite au Bénin.

Une relation bénino-gabonaise en danger

Après la suite de ce coup d’État manqué, les relations bénino-gabonaises prirent un coup. Kérékou avait en effet accusé le président Bongo lors d’un sommet de l’U.A (Ex OUA) d’être un complice du coup d’État dont il avait failli être victime. Bongo lui avait alors rétorqué que ses propos portaient atteinte à l’honneur du Gabon et qu’il ne répondait pas de la sécurité de la communauté béninoise vivant au Gabon dont certains membres y vivaient depuis plus de 30 ans. Cette réponse du président gabonais au président béninois poussera la population gabonaise à piller et massacrer les Béninois vivants au Gabon et qui y étaient vus comme des privilégiés et la crise se soldera par l’expulsion de plus de 10.000 Béninois du Gabon.

Laisser un commentaire