Bénin : La loi sur le recrutement des collaborateurs externes adoptée

Une loi présentée par le gouvernement de Patrice Talon.

La loi relative au recrutement des collaborateurs extérieurs a été votée hier à l’Assemblée nationale du Bénin par 51 députés sur 83.

Afin de combler le « manque de compétence » en République du Bénin le gouvernement béninois a soumis à l’Assemblée nationale une loi permettant le recrutement de collaborateurs externes. Hier 17 mars, 51 députés béninois sur 83 ont voté ladite loi. Toutefois, de nombreuses questions relatives à la nationalité des collaborateurs externes, les conditions de recrutement ainsi que le quota de collaborateurs ont été soulevées.

Selon le gouvernement, cette proposition de loi « vise à améliorer la qualité et l’efficacité des prestations de services de l’administration centrale de l’état, des services déconcentrés, des administrations et institutions de l’état, des collectivités territoriales décentralisées et des établissements publics à caractère social, culturel, administratif et scientifique ou des établissements à caractère industriel ou commercial ».

Pallier aux manques dans l’administration béninoise

Il est de notoriété publique que l’administration béninoise souffre d’un manque criard de cadres compétents et que le taux de chômage au Bénin ne cesse de s’accroître.

Ainsi, selon le gouvernement la loi permettra également de :

– recruter des cadres ayant des compétences de niveau élevé dans des domaines spécifiques ;

– renforcer la capacité d’employabilité des demandeurs d’emploi en vue de les sortir du chômage de longue durée ;

– combattre le sous-emploi dans l’administration publique, les institutions de l’état ainsi que les collectivités territoriales décentralisées ;

– réduire la pauvreté en assurant une cohésion sociale.

Toutefois, concernant lesdits collaborateurs extérieurs, le gouvernement tient à rassurer que ces derniers ne seront ni agents permanents de l’état (APE) ni agents contractuels de l’état (ACE), encore moins, du personnel de l’Administration territoriale et ne pourront donc faire partie de l’effectif de la Fonction publique.

Une loi vue d’un très mauvais œil par certains 

Plusieurs députés se sont opposés à ladite loi.En effet, selon député Idrissou Bako, cette loi est « inopportune, car tirant son fondement d’une situation conjoncturelle ». Il a par ailleurs ajouté que « cette loi va porter un coup sur le système éducatif du pays qui désormais peut ne pas adapter les formations aux besoins en compétence du pays, car la solution facile est là : la solution de recrutement des collaborateurs extérieurs […].

Cette loi, à mon avis, encouragera la délinquance économique et intellectuelle par le simple fait qu’un  agent non assermenté peut prendre des décisions au nom de l’État et qu’en fin de contrat, il se retrouvera de l’autre côté pour bénéficier des retombées des décisions que lui-même a prises. Cette loi favorisera le copinage dans l’appareil de l’État et dans la fonction publique au détriment de la compétition et de la compétence. »

 

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