Bénin : les infanticides rituels toujours présents dans certaines communautés du Nord

L’UNICEF lutte contre les pratiques visant à tuer ou abandonner les enfants dit « sorcier » / Unicef

Société Bénin – Depuis quelques années la lutte contre les infanticides rituels s’est intensifiée. Les ONG se sont mobilisées pour lutter contre le phénomène des enfants « sorciers ». Bien que cette pratique ait diminuée, certaines communautés au Nord du Bénin continuent de la faire vivre. Une enquête rendue publique le 2 octobre dernier a montré que les enfants nés avec des complications sont encore appelés « sorciers ».

Certaines croyances tuent les enfants. Elles sont souvent liées à des consultations de divinités ou encore des chercheurs d’organes humains. Des enfants disparaissent dans les villages pour ces raisons. Les ONG continuent de lutter contre ces croyances.

Infanticides rituels des enfants « sorciers » continuent

Au Bénin, certaines communautés sont convaincues qu’un enfant né avec quelques complications, notamment une malformation ou encore sorti par le siège, sont des sorciers. En effet, lorsque la mère meurt en couche par exemple cela voudrait dire que le nouveau né pourrait emmener la malédiction au sein de la famille. Il est donc soit éliminé, soit abandonné. Au Bénin, sont également considérés comme enfants sorciers ceux nés prématurément ou avec des malformations, nés par les pieds. Les enfants dont la première dent sort à la mâchoire supérieure sont eux aussi stigmatisés.

Depuis plusieurs années des ONG se mobilisent pour protéger les enfants dits « sorciers ». Bien qu’elle ait diminuée, la pratique existe encore dans certaines communautés du Nord du Bénin. Selon une enquête rendue publique par les franciscains appuyés par l’ambassade de France et l’UNICEF il y a une semaine, 11 enfants sur 100 sont encore taxés de sorciers. 10% d’entre eux seraient victimes de mauvais traitement conduisant parfois à la mort. Selon les rites des communautés qui y croient, il faut éliminer ces enfants qui pourraient apporter malheur à la famille.

Selon les croyances, dès l’arrivée de ces enfants il faut « laver » la communauté de ces malheurs. Leur mort est donc considéré comme une délivrance. Les « réparateurs » sont des personnes choisies pour s’occuper de faire disparaître les enfants « sorciers ». Ils sont parfois secrètement laissés et trouvés sur la route par des structures d’accueil ou des ONG.

Un film dédié à cette pratique est sorti sur les écrans français pour sensibiliser les populations sur ce phénomène qui ne cesse de prendre de l’ampleur. « Secret de l’enfant fourmi » est un film qui aborde les questions relatives au traitement des enfants « sorciers ». Considérant les enfants comme vulnérables, UNICEF condamne cette pratique sur le terrain en communiquant avec les populations des communautés qui propage ce phénomène.

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