Bénin: lutte contre les faux médicaments par le gouvernement, un couteau à double tranchants

La lutte contre les faux médicament, une priorité pour le gouvernement béninois © La Depeche

La vente de faux médicaments constitue un véritable fléau en République du Bénin. Afin d’y pallier le gouvernement béninois a lancé il y’a quelques jours une opération de lutte contre les faux médicaments.

Le Bénin est la deuxième porte d’entrée des faux médicaments en Afrique. Les faux médicaments constituent un fléau majeur dans beaucoup de pays africains. Selon l’Organisation mondiale de la santé, au moins 800.000 personnes meurent chaque année à cause de ces faux cachets et comprimés, alors qu’environ 10% des produits en circulation sont des faux.

Par ailleurs, un rapport de l’IRACM (Institut international de recherche anti-contrefaçon de médicaments) et de l’OMD (Organisation mondiale des douanes) daté du 20 janvier 2017, classe le Bénin comme la 2ème porte d’entrée des faux médicaments en Afrique. Le pays se classe derrière le Nigeria (34,91%) avec un total de 25,84%. Il est donc normal que l’actuel gouvernement du Bénin décide de se frotter comme ses prédécesseurs à cette gangrène qui mine la société béninoise.

80 tonnes de produits trouvés

À cet effet le gouvernement, sous la supervision des ministères de l’Intérieur et de la Santé, a entamé une vaste opération de démantèlement des lieux de trafic. De Ouando à Adjégounlè, en passant par Parakou, Djougou tous les marchés tentaculaires de ce funeste commerce ont connu une descente des forces de l’ordre. Ces derniers n’ont pas hésité à embarquer 109 trafiquants. Après les avoir dépouillés de plus de 80 tonnes de leurs produits.

Malgré ce geste du gouvernement qui se veut salutaire, les couches les plus démunies de la société béninoise n’ont pas tardé à s’indigner. Selon elles, le gouvernement béninois serait trop sévère envers les plus démunis, les dépouillant chaque jour de leur moyen de subsistance.

En effet, on se rappelle il y a peu que le gouvernement avait mené une campagne d’assainissement des artères principales des grandes villes. Ce nettoyage avait eu pour conséquence la perte de nombreux commerces pour les populations et par conséquent l’accroissement du taux de chômage. Ainsi, quelle que soit la pertinence de l’opération menée par le gouvernement, cette dernière aura le goût amer d’une pilule difficile à digérer.

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