Bénin : Scepticisme lié au projet des 50 taxis pour lutter contre le chômage des jeunes

Le projet de taxis dédié aux jeunes peine à convaincre © Les pharaons

News Bénin – Le gouvernement béninois a annoncé vendredi 23 juin 2017 mettre en circulation une première flotte de 50 taxis flambants neufs destinés à faciliter le transport urbain. Autre objectif, sortir 300 jeunes du chômage. Cependant, la question de la viabilité du projet est posée.

C’est par une caravane qui a eu parcouru la ville de Cotonou, le vendredi 23 juin que le gouvernement à travers le Centre de Partenariat et d’Expertise pour le Développement Durable (CEPED) a annoncé la mise en circulation d’une première flotte de 50 taxis flambants neufs marquant ainsi le début du projet « Bénin Taxi ».
L’objectif du projet serait premièrement de faciliter le transport urbain.

En décembre 2016, le recrutement de 300 jeunes avait été lancé pour le seul compte de la ville de Cotonou. Ces jeunes avaient ensuite reçu une formation pour se familiariser avec les véhicules qui seraient mis à leur disposition. Entre temps, quelques sociétés privées telles qu’Africab, Soft Taxis ou Kokom Taxis, pour ne citer que celles-là, ont lancé leurs activités et connaissent un certain succès. Mais force est de constater que les taxis motos, communément appelés Zémidjans, demeurent les maitres en termes de transport dans la ville de Cotonou.

D’aucuns affirmeraient qu’il serait difficile pour ces taxis de concurrencer les Zemidjans et on est bien tenté de leur donner raison. En effet, le taxi ville a bel et bien existé à Cotonou, mais il a été supplanté et a disparu à cause de l’expansion des taxis motos. Ce phénomène ne s’observe pas seulement à Cotonou, mais aussi dans d’autres villes du pays. Dans un passé plus récent, la compagnie de bus Ben Afrique malgré ses prix plutôt avantageux, n’a pas pu s’inscrire dans la durée.

Un projet destiné à réduire le chômage

Le projet nourrit l’ambition de sortir 300 jeunes du chômage et de promouvoir le tourisme. On est alors en droit de se poser la question du comment le gouvernement compte assurer la pérennité du projet « Bénin Taxi ».

Quelles conditions ont été mises en place pour faire adhérer la population au projet ? Quels seront les tarifs pratiqués ? Assistera-t-on à un flop de plus ? Le gouvernement compte-t-il enlever les taxis motos de la ville de Cotonou ? À cette dernière question, on est tenté de répondre oui, au vu des arrêtés préfectoraux qui ont été pris. Par exemple, celui qui interdit aux taxis motos d’utiliser les trottoirs et places publiques pour y passer la nuit.

Quand on sait la force électorale que représentent les taxis motos, on peut se demander jusqu’où le gouvernement est prêt à aller pour assurer la bonne marche du projet « Bénin Taxi » afin que celui-ci ne soit pas qu’un feu de paille.

 

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