Bénin : la vidéosurveillance pour prévenir l'insécurité, une bonne idée ?

Le gouvernement béninois souhaite lancer un programme de vidéosurveillance.

Au cours du dernier conseil des ministres, le porte-parole du gouvernement Pascal Irené Koukpaki, a annoncé l’utilisation de la vidéosurveillance comme outil de prévention des attaques criminelles. Bien que louable, le nouveau projet suscite tout de même des inquiétudes au niveau des populations.

Depuis plusieurs années déjà, le Bénin est victime d’innombrables actes de banditisme. Du citoyen lambda à la plus grande institution, rien ni personne n’est épargné par les malfrats qui sévissent partout dans le pays. Les cibles privilégiées des criminels sont sans conteste les administrations, les banques et autres entreprises publiques ou privées tenant des caisses de recette. Malheureusement et comme on pouvait s’y attendre, ces actes font souvent des victimes innocentes.

Ainsi afin d’éviter que de tels actes ne se perpètrent, le porte-parole du gouvernement béninois a annoncé que « le recours aux moyens modernes de sécurisation est indiqué. Ainsi, les systèmes de vidéosurveillance s’imposent comme une solution fiable, capable de contribuer plus efficacement à une meilleure offre de sécurité, par une bonne prévention et une gestion efficiente des cas de grand banditisme ».

Vidéosurveillance oui, mais…

Bien que la mesure annoncée par le gouvernement semble être louable, il convient néanmoins de se demander si elle est adaptée au Bénin.

En premier lieu, si on considère l’échec cuisant des forces de l’ordre à pouvoir faire face aux malfrats, dû entre autres au manque de moyens humains et matériels, mais également à leur manque de formation, il n’est pas certain que  l’introduction  de la vidéosurveillance puisse éradiquer durablement le problème lié à l’insécurité.

En outre, le Bénin ne dispose pas de la capacité technologique appropriée pour une utilisation efficiente de la vidéo. En effet, le Bénin dispose seulement de deux fibres optiques, fibres qui n’arrivent déjà pas à couvrir  la demande actuelle. Avec un réseau internet qui se classe au rang des plus médiocres du continent, il ne reste plus à espérer que la transmission ne se fasse pas par IP.

Enfin, un projet d’une telle envergure nécessite un apport financier conséquent. Une dépense que les populations n’estiment pas prioritaire face aux nombreuses difficultés financières auxquelles fait déjà face le budget de l’État.

Ainsi, d’aucuns affirment que le gouvernement béninois gagnerait à améliorer d’abord la formation des forces de l’ordre et à les équiper de façon effective afin de faire face aux malfaiteurs au lieu de se lancer dans un nouveau projet qui semble pour le moins inadapté aux réalités actuelles béninoises.

 

Laisser un commentaire