Bilié-By-Nze : « Les enseignants gabonais sont les mieux payés en Afrique »

Alain-Claude Bilié-By-Nze
Alain-Claude Bilié-By-Nze, le ministre gabonais de la communication

Actualité Gabon – De passage à Abidjan (Côte d’Ivoire) dans le cadre de la 7e édition du forum Africa IT Télécom, le ministre gabonais de l’Économie numérique et de la Communication a accordé une longue interview au quotidien ivoirien Fraternité Matin. Au cours de cette interview, Alain-Claude Bilié-By-Nze déclare notamment que les enseignants gabonais reçoivent le meilleur traitement en Afrique.

Les enseignants gabonais poursuivent leur mouvement de grève qui dure déjà depuis plusieurs mois. Ils réclament de meilleures conditions de travail, la construction de salles de classe et le paiement des arriérés des primes. Malgré la crise sociale profonde observée dans l’éducation nationale, le porte-parole du gouvernement gabonais Alain-Claude Bilié-By-Nze, juge que les enseignants gabonais ne sont pas trop mal lotis.

Des primes pas si exceptionnelles que ça

Répondant aux questions de nos confrères, Alain-Claude Bilié-By-Nze a présenté le salaire des enseignants gabonais comme exceptionnel en Afrique. Il a par ailleurs présenté le paiement de primes liées à la correction des examens aux enseignants comme un privilège comme si cela n’existait pas ailleurs en Afrique.

« Les enseignants gabonais sont aujourd’hui, à ma connaissance, les mieux payés sur le continent. Au Gabon, lorsque les enseignants doivent corriger les épreuves de fin d’année, il faut payer au-delà de leur salaire, leurs vacances. », a-t-il déclaré.

Si cette déclaration demeure étonnante, il est cependant aisé de vérifier que le paiement des primes liées à la correction des examens est une pratique largement rependue en Afrique et ailleurs dans le monde.

Ainsi en France, les arrêtés du 13 avril 2012 (Éducation nationale) et du 9 août 2012 (Enseignement supérieur) fixent la rémunération des enseignants pour la participation aux travaux des jurys des examens et concours. Un article du Figaro.fr daté de juin 2013 indique que les correcteurs du baccalauréat en France seraient rémunérés à 5€ (3 300 FCFA) la copie.

Au Sénégal en 2014, les enseignants ont fait un mouvement d’humeur au motif que les primes de correction des enseignants correcteurs du baccalauréat session 2014 n’avaient pas été payées à temps.

En Côte d’Ivoire où Alain-Claude Bilié-By-Nze se trouve, l’État a payé 1,3 milliard FCFA en 2013 au titre des primes de correction (554 millions FCFA pour le BEPC et 735 millions pour le BAC). On retrouve également des primes similaires au Cameroun, au Mali, au Togo, au Burkina Faso ou encore au Tchad.

Le gouvernement espère un retour de l’accalmie sur le front social

Même si Alain-Claude Bilié-By-Nze reconnait que les braises sur le front social ne sont pas encore éteintes, il espère que les enseignants gabonais vont cesser leur grève. Pour lui l’État a fait les efforts nécessaires.

« L’État a mobilisé les moyens et depuis la semaine dernière, ces primes sont entrain d’être payées. Nous espérons avoir une accalmie le plus rapidement possible et rattraper l’année scolaire et faire en sorte que dans les prochaines années, nous n’ayons plus de telles perturbations. », a-t-il déclaré.

Il n’est cependant pas sûr que l’appel à l’accalmie lancé par Alain-Claude Bilié-By-Nze soit entendu par les enseignants grévistes. Ceux-ci continuent de réclamer le rétablissement de leur centrale syndicale, la CONASYCED, suspendue par le gouvernement.

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