BNP Paribas impliquée dans le financement d'un achat illégal d'armes pendant le génocide rwandais ?

BNP Paribas dans le viseur de trois associations
BNP Paribas est accusé de « complicité de génocide, crimes contre l’humanité et de crimes de guerre ». © via lerevenu.com

Rwanda (Africapostnews) — Les associations Sherpa, Ibuka et le Collectif des parties civiles pour le Rwanda, ont déposé une plainte contre le groupe français BNP Paribas pour « complicité de génocide, de crimes contre l’humanité et de crimes de guerre » durant le génocide de 1994.

Selon la plainte de ces trois associations, BNP Paribas serait impliqué dans le financement d’un achat illégal d’armes.

Les faits remontent à juin 1994. BNP Paribas aurait débloqué à la demande de la Banque nationale du Rwanda une somme de 1,3 million de dollars. Elle est destinée à l’achat de 80 tonnes d’armes en provenance des Seychelles et à destination du Rwanda, pourtant sous embargo de l’ONU.

En effet, le conseil de sécurité de l’ONU avait voté une résolution interdisant toute livraison d’armes à destination du Rwanda.

« Ces armes ont servi à équiper des miliciens qui ont participé au génocide » explique Jacques Morel, spécialiste du Rwanda.

« Il y a eu beaucoup de massacres à la machette, mais aussi à l’arme automatique. Cette livraison d’armes en provenance des Seychelles était essentiellement constituée de kalachnikovs AK-47 » poursuit l’auteur du livre La France au cœur du génocide des Tutsi.

Dans la plainte, il est aussi indiqué que la banque française aurait « validé l’ordre de paiement de la Banque nationale du Rwanda à M. Ehlers (un intermédiaire), ce que les autres banques s’étaient toutes refusées de faire », faisant d’elle « la seule banque à répondre par l’affirmative ».

C’est la première fois qu’une telle plainte est déposée contre une banque en France. Contactée, BNP Paribas dit ne pas disposer d’éléments suffisants pour le moment pour répondre à la plainte.

Le génocide rwandais qui a impliqués deux ethnies, les Tutsis et les Hutus, a fait plus d’un million de morts entre avril et juillet 1994.

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