Burkina Faso : le parquet général requiert la peine de mort contre Blaise Compaoré et son dernier gouvernement

Blaise Compaoré devant la justice le 27 avrilCrédit : FABRICE COFFRINI / AFP

Information Burkina Faso – Après de longues semaines d’attente, la Haute Cour de justice du Burkina Faso a fixé ce lundi 10 avril, la date d’ouverture du procès de l’ancien président burkinabè Blaise Compaoré qui vit depuis en exil en Côte d’Ivoire. Bien qu’étant détenteur d’un passeport ivoirien, Blaise Compaoré risque gros en cas d’extradition.

Sur le banc des accusés, comparaîtra également le 27 avril prochain l’ancien gouvernement soupçonné d’être complice de la violente répression qui avait secoué le pays au lendemain des contestations d’octobre 2014. Tous les accusés seront jugés par contumace lors de ce procès inédit.

Les événements tragiques qui ont frappé de plein fouet le Burkina Faso après les violentes émeutes contre le régime sont encore gravés dans la mémoire des Burkinabés. Mais surtout dans le cœur des familles des victimes. Bien que les sources officielles parlent de 33 personnes tuées lors de ces manifestations, les accusés seront uniquement poursuivis pour le décès de 7 personnes à Ouagadougou et pour 82 blessés.

À la grande satisfaction des familles des victimes, le parquet général a requis la peine de mort pour tous les accusés. Tous les accusés absents lors du procès, en tête desquels Blaise Compaoré en exil doré en Côte d’Ivoire, seront jugés par contumace. De ce que l’on sait, ils sont sept au total à ne pas avoir répondu aux convocations de la justice.

Que reproche-t-on à Blaise Compaoré et à son ancien gouvernement ?

Il est entre autres reproché aux accusés d’avoir pris part au conseil extraordinaire des ministres du 29 octobre 2014, alors que les mouvements de la société civile et de l’opposition manifestaient contre la modification de la Constitution. C’est au cours de ce conseil des ministres que les militaires ont eu le quitus pour maintenir l’ordre avec usage d’armes à feu. Une intervention musclée des militaires qui s’était soldée par la mort de plusieurs personnes.

Clothilde Ky à l’époque ministre délégué au Budget et Yacouba Ouédraogo, ancien ministre des Sports, ont bénéficié d’un non-lieu, car ils n’avaient pas participé à ce conseil des ministres.

Les anciens membres du gouvernement de l’ancien Premier ministre Luc-Adolphe Tiao sont poursuivis pour « complicité d’homicide volontaire » et « coups et blessures volontaires », a déclaré la Haute Cour de justice burkinabè le 10 avril dernier. Blaise Compaoré qui détenait également le portefeuille de la Défense est également poursuivi pour les mêmes faits.

Salif Lamoussa Kaboré des Mines et de l’Énergie, Marie Lucien Bembamba des Finances, Koumba Barry/Boly de l’Enseignement de base, etc., pour ne citer que ceux-là, sont eux aussi sur le banc des accusés.

Après 27 ans passé au pouvoir, l’ancien président burkinabè avait mis le feu aux poudres en voulant modifier l’article 37 de la Constitution du pays. Les velléités de Blaise Compaoré de se présenter à sa propre succession avaient déclenché de violents heurts principalement à Ouagadougou.  Le 30 octobre 2014, face au brutal soulèvement populaire, Blaise Compaoré avait été contraint de prendre la fuite en direction de la Côte d’Ivoire.

 

 

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