Burundi : De nouveaux corps mutilés retrouvés, l’ONU s’inquiète

Burundi : De nouveaux corps mutilés retrouvés, l’ONU s’inquiète
De nouveaux corps mutilés ont été retrouvés récemment au Burundi. © Aljazeera

La commission d’enquête de l’ONU au Burundi déplore les nouveaux cas de corps mutilés retrouvés récemment pendant leurs investigations sur le territoire. Les autorités burundaises accusent l’opposition de falsifier l’information et d’utiliser l’ONU pour parvenir à ses fins.

De nouveaux corps mutilés ont été retrouvés récemment au Burundi lors de l’enquête de la commission du Conseil des Droits de l’Homme. En effet, une commission d’enquête de trois représentants de l’ONU intervient au Burundi depuis septembre 2016 dans le cadre de la crise politique en cours depuis 2015. Ladite commission doit faire la lumière sur les cas de torture, meurtres et autres oppressions constatées dans le pays.

Elle a été mise en place afin d’assurer les recherches et trouver les responsables des massacres commis afin qu’ils soient traduits en justice. Les autorités locales ont refusé de coopérer à l’enquête. L’ambassadeur du Burundi à l’ONU, M. Rénovat Tabu, accuse la commission de se laisser manipuler par l’opposition qui se cache derrière la société civile afin de trafiquer l’information. Il ajoute aussi que lesdits partis politiques sont soutenus par des puissances étrangères et qu’il est « effaré » par le contenu du rapport préliminaire.

Une crise politique qui n’en finit pas

Cette crise politique burundaise entre dans sa troisième année. Commencée en avril 2015 suite aux nombreuses manifestations contre la candidature controversée de Pierre Nkurunziza à un troisième mandat, elle n’a cessé depuis lors de faire des victimes civiles, militaires et politiques. D’aucuns qualifient cela de « génocide ».

Une enquête de la Cour Pénale internationale (CPI) est en cours depuis avril 2016. Il n’y a pour l’instant pas de chiffres officiels sur le nombre de morts depuis le début de la crise ; on parle cependant de centaines de personnes tuées. Les massacres perpétrés ont conduit à l’exil de plus de 390.000 personnes depuis le début des violences ; on estime déjà à 27.000 exils au premier trimestre 2017.

Le rapport final de l’ONU attendu pour septembre 2017

Fatsah Ouguergouz, président de la commission d’enquête de l’ONU au Burundi, déclare avoir reçu des témoignages concordants affirmant que la découverte de corps mutilés a repris de plus belle depuis quelques mois et qu’il est parfois impossible d’identifier les corps.

Il se dit « particulièrement inquiet de l’impunité manifeste dont jouissent les responsables de ces atrocités, qui, même lorsqu’ils sont reconnus par les témoins et victimes survivantes, ne sont pas poursuivis ». Le rapport final de cette enquête devrait être présenté lors de la 36e session du Conseil de l’ONU en septembre prochain.

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