Cameroun – Crise anglophone : l'opposition appelle au boycott de la fête nationale le 20 mai

Paul biya président du Cameroun- crise anglophone

© Sercom APRnews Photo Paul Biya, president du Cameroun

Actualité Cameroun – Dans les régions anglophones, le rétablissement de la connexion internet est loin d’avoir apaisé les tensions et le gouvernement de Paul Biya semble impuissant face à la situation.

Cela fait maintenant près de six mois que la crise a débuté dans les régions anglophones du Nord-Ouest et du Sud-Ouest mais la situation ne semble pas s’améliorer.

En effet, plusieurs manifestants dont des centaines de jeunes ainsi que trois leaders, sont toujours emprisonnés. Certains d’entre eux dont le procès devrait s’ouvrir le 24 mai prochain, risquent même la peine de mort.

Du côté du système éducatif, bien que le gouvernement n’ait pas déclaré l’année blanche, la crise se fait ressentir dans bon nombre de villes anglophones telles que Tiko, où les écoles restent vides.

Enfin, les avocats dont la rentrée était prévue le 2 mai, affirment leur soutien au mouvement de grèves tant que leurs collègues seront enfermés. Malheureusement, malgré la persistance des revendications, le président Biya semble apathique dans sa gestion de la crise anglophone.

Boycott de la fête nationale

Le 20 mai prochain marquera le 45e anniversaire de la naissance de la République Unie du Cameroun et la fin du système fédéraliste (suite au référendum du 20 mai 1972, ndlr). Durant cette fête, les Camerounais sont censés célébrer l’unité du pays, principalement entre les régions francophones et les régions anglophones, mais l’opposition ne l’entend pas ainsi.

John Fru Ndi, leader de l’opposition et de son parti le Social Democratic Front (SDF), considère que le président Biya est «incapable de fournir des solutions simples aux problèmes pertinents posés par des syndicats respectables et les associations. La seule option pour désamorcer la crise socio-politique dans laquelle est plongé le Cameroun, reste le dialogue, auquel le pouvoir est sourd.»

C’est pourquoi il a appelé ses partisans à boycotter la fête nationale le 20 mai prochain en n’y participant pas. De plus, contrairement au gouvernement qui prône un Cameroun «un et indivisible», pour les leaders anglophones, la seule solution qui semble se dessiner est le retour au fédéralisme.

Laisser un commentaire