Cameroun: un “camp de réfugiés” pour les victimes de la censure du web

À cause de la censure d’Internet plusieurs start-up de la « Silicon Mountain » sont aujourd’hui en difficulté.

Actualité Cameroun – Depuis le 17 janvier 2017, le Cameroun est divisé en deux, alors que de fortes contestations retentissent dans la partie anglophone du pays. Une partie du pays est privée d’internet, l’autre partie y a convenablement accès, et à la limite des deux, à New Bonako, un “camp de réfugiés du web” a ouvert ses portes.

La structure a été mise en place avec l’aide d’ActiveSpace, une entreprise camerounaise spécialisée dans le développement des technologies de l’économie numérique. Elle permet aux entreprises de la Silicon Mountain, l’équivalent camerounais de la Silicon Valley, qui se situe au pied du mont Cameroun, d’avoir accès à internet et essayer de maintenir leurs activités déjà fortement en danger.

En effet, certaines entreprises ont mis la clé sous la porte, sont au bord de la faillite, ou ont perdu de gros contrats avec des partenaires internationaux.

Aux origines de la coupure d’internet

La censure d’internet de la partie anglophone du Cameroun intervient en représailles aux contestations de la région envers le système en place. Les anglophones se disent marginalisés par rapport aux francophones et appellent au fédéralisme.

Les tentatives de négociations de Yaoundé se sont avérées infructueuses, les contestataires reprochent au gouvernement de leur apporter des réponses insatisfaisantes et toutes faites, alors qu’ils attendent un dialogue franc, honnête, véritable et durable.

Le 17 janvier, le gouvernement durcissait le ton en censurant le Southern Cameroon National Council et le Civil Society Consortium, et en arrêtant les meneurs de ces mouvements qui coordonnaient la grève et prônaient la sécession des deux régions anglophones. Le gouvernement décide alors de priver la zone anglophone d’internet.

Le Cameroun est loin d’être une exception en Afrique

Les gouvernements africains sont coutumiers du fait; ce n’est pas la première fois qu’en Afrique un gouvernement décide de museler sa population en la privant de communications téléphoniques ou internet. Cela s’est vu l’année dernière au Gabon et en République Démocratique du Congo au lendemain des déclarations des résultats des élections présidentielles respectives des deux pays.

Sans internet, c’est l’économie numérique du pays et tous les services proposés en ligne qui prennent un coup. Cette pratique va à l’encontre des libertés humaines de communication et d’accès à l’information, mais aussi à l’encontre du développement.

La crise anglophone n’en est pourtant pas à sa fin, les écoles sont toujours vides, malgré les annonces de levées de mot d’ordre de grève. Même si on ne parle pas de politique dans le camp de New Bonango, les entrepreneurs n’ont pas le cœur en paix. En effet, on n’exclut pas l’éventualité que la censure du web ne s’abatte aussi sur le camp web.

Laisser un commentaire