Cameroun : deux manifestants morts dans le nord-ouest du pays

© Lactuacho

Vendredi dernier, la police a réprimé violemment une manifestation dans le nord-ouest du Cameroun. Le bilan s’élève à deux morts et dix blessés selon la police.

Les manifestations dans le nord-ouest du Cameroun ont commencé en novembre à Bamenda où les avocats et les enseignants se sont levés afin de réclamer leurs droits. De plus, les populations anglophones se sentent lésées au profit de la population francophone, majoritaire dans le pays. Depuis, la grogne populaire semble ne pas faiblir.

C’est donc à Ndop, commune située à 40 km à l’est de Bamenda, où il y a eu de nouveaux affrontements entre la police et les manifestants. La police a ouvert le feu sur la foule qui réclamait aux alentours d’un poste de police, la libération de personnes soupçonnées d’avoir mis le feu mercredi dans une école francophone.

Un officier de police qui a tenu à garder l’anonymat a affirmé la thèse de la « légitime défense » face à des manifestants de plus en plus « violents ». Selon lui, le bilan est de 2 morts et 10 blessés. Un membre du bureau du Gouverneur régional a confirmé le bilan.

En décembre déjà, 4 manifestants avaient trouvé la mort lors des clashs avec la police. Ils manifestaient contre le meeting du Rassemblement démocratique du peuple camerounais. Il était question pour le Parti au pouvoir de lancer un appel au calme et de demander aux enseignants de reprendre le chemin des classes après une longue interruption des cours à la suite d’une grève.

Une coupure d’internet pour étouffer la contestation ?

Pour étouffer les revendications, le ministère des Postes et Télécoms a ordonné depuis le 17 janvier  la coupure d’internet dans les régions anglophones sud-ouest et nord-ouest paralysant ainsi plusieurs secteurs de l’économie.

Dans un communiqué datant du 10 février, l’ONU exhorte le gouvernement camerounais à restaurer la connexion internet dans les régions anglophones. En effet, couper l’accès au web est une violation « des droits à la liberté d’expression ».

David Kaye, rapporteur spécial sur la promotion et la protection du droit à la liberté d’opinion et d’expression à l’ONU, a par ailleurs exprimé son inquiétude quant à la « restriction que subit la liberté d’expression dans un temps où son avancement et sa protection devraient être primordiaux »

Il a ajouté qu’une coupure d’internet de cette ampleur est une violati on « du droit international » qui « non seulement étouffe le débat public et prive les Camerounais de l’accès à un outil essentiel »

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