Cameroun : lancement d’un programme d’aide au retour pour la diaspora

Afin de mobiliser sa diaspora et les inciter au retour, le Gouvernement camerounais a mis en place le programme PARI-JEDI. Une initiative qui vise à faciliter et encourager le retour des talents camerounais pour la construction du pays.

Le 14 février dernier, la décision gouvernementale n°013-2017/D/MINJEC/CAB a établi la création et défini le fonctionnement du Programme d’Aide au Retour et à l’Insertion des Jeunes de la Diaspora (PARI-JEDI) au Cameroun. Le but de cette initiative est d’inciter les membres de la diaspora à rentrer au Cameroun. Le budget qui y sera alloué n’est pas encore connu.

Le programme prévoit un accompagnement pour faciliter l’insertion économique de sa diaspora dans le marché du travail. Cette insertion pourra se faire via le marché du travail classique ou par le biais d’un projet entrepreneurial. Ce programme ambitieux est placé sous la tutelle du Ministère de la Jeunesse et de l’Éducation civique. Un comité de pilotage a été mis en place pour un meilleur suivi et des représentations régionales et extérieures seront chargées d’en faire la promotion.

Une opération de séduction pour attirer une diaspora dynamique

Le Gouvernement camerounais lance ici un programme de grande envergure qui va nécessiter une organisation efficace compte tenu des potentiels retournants. En effet, selon une étude de l’Organisation internationale pour les Migrations (OIM), la population de la diaspora camerounaise comptait 170.000 membres en 2007, dont 38.000 en France, 16.000 au Nigeria et 12.000 aux États-Unis. La gestion des flux des retours représente donc un enjeu majeur du projet.

L’autre enjeu majeur du PARI-JEDI est la transformation des fonds dont dispose cette diaspora. En 2015, la start-up de FinTech britannique WorldRemit estimait à 585 milliards de francs CFA le montant des transferts de la diaspora camerounaise vers leur pays d’origine; des transferts probablement en hausse en 2016. Le réinvestissement de ces fonds dans l’économie locale permettrait de booster le marché et stimuler la croissance économique du pays.

Chômage et sous-emploi, des chiffres peu flatteurs

Aussi louable soit-elle, l’on peut se demander si cette initiative prend en compte la situation du marché de l’emploi au Cameroun. En effet, selon les statistiques officielles, le taux de chômage au Cameroun serait de 13% ; mais à cela, s’ajoute un taux de sous-emploi, soit une inadéquation qualification-emploi, de 71,5%. La population des jeunes camerounais, qui représentent 87% de la population totale, connaitrait un taux de chômage urbain estimé de 76%. Notons aussi que le pays des Lions Indomptables possède un des Salaires minimums (SMIG) les plus bas d’Afrique francophone avec seulement 36.270 FCFA. Des données qui pourraient décourager les plus motivés dans la diaspora.

Il sera donc intéressant d’observer comment PARI-JEDI, cette initiative prometteuse, inclura les chiffres très élevés du chômage au Cameroun dans sa stratégie globale. Espérons que d’ici la mise en place effective du programme, les autorités publiques trouveront une solution pour résoudre cette équation.

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