Cameroun : le miel blanc d’Oku, un trésor national protégé

Miel d’Oku
Le miel blanc d’Oku, un véritable trésor au Cameroun

Information Cameroun – Le miel blanc d’Oku, récolté de manière traditionnelle dans la région d’Adramaoua au pied du mont Oku au nord-ouest du pays est considéré par certains comme un trésor national. Mondialement reconnu pour son goût unique et ses vertus thérapeutiques, il est aussi l’un des trois produits africains à bénéficier d’une IGP (Indication Géographique Protégée).

Depuis septembre 2013, le miel d’Oku fait partie des trois produits africains à bénéficier d’une IGP attribuée par l’Organisation africaine de la Propriété intellectuelle. En effet, seuls le miel d’Oku, le poivre de Penja camerounais et le Cafe Ziama Macenta guinéen possèdent aujourd’hui cet indicateur de qualité.

Le miel blanc d’Oku, un produit exceptionnel

Si le miel d’Oku se distingue tant, c’est parce qu’il possède de nombreuses particularités qui lui sont propres. Sa couleur blanche, sa texture douce, crémeuse, légèrement granuleuse et son goût frais marqué par une pointe d’acidité et des arômes de fleurs et d’agrumes en font un produit reconnu et apprécié à travers le monde.

À l’échelle nationale, il est également apprécié pour sa valeur médicinale. En effet, le miel blanc d’Oku est un antioxydant, un antibactérien, un cicatrisant et un digestif naturel. Il permettrait également de lutter contre la déshydratation.

Des techniques de culture conservées depuis des siècles

 Si le miel d’Oku n’est reconnu internationalement que depuis quelques années, cela fait des centaines d’années qu’il est cultivé de manière traditionnelle dans le respect de techniques transmises de génération en génération.

En effet, la culture du miel blanc d’Oku se fait en plusieurs étapes. Sa culture s’effectue dans les forêts communautaires protégées de Kilum-Ijim sur environ 20.000 hectares, une zone à la biodiversité riche, mais où les abeilles ne vivent pas !

La méthode ancestrale utilisée veut donc que les abeilles soient transportées dans les plaines entourant le mont Oku où elles sont installées dans les arbres le temps d’une période d’adaptation, avant d’être ensuite déplacées un peu plus haut dans la forêt à 2.000-3.000 mètres d’altitude. Les ruches utilisées sont fabriquées à la main, tressée avec du bambou, du raphia et des herbes.

Cette méthode permet donc de déplacer les abeilles dans une zone bénéficiant d’un écosystème particulièrement riche sur un sol volcanique possédant plus de 150 espèces de plantes mellifères et des conditions climatiques idéales à la production d’un miel de qualité.

Une production qui fait vivre la région 

 Dans la région d’Adramaoua, 300.000 personnes peuvent bénéficier de la production du miel blanc d’Oku et ses bienfaits se font ressentir à l’échelle :

    • Social : les organismes d’aide au développement et les ONG qui entourent la gestion de la production investissent depuis plus de 20 ans dans la formation des femmes à l’apiculture afin de leur permettre de bénéficier d’un revenu et d’une indépendance économique. Par ailleurs, des programmes locaux ont vu le jour afin de soutenir les initiatives locales. Par exemple, un de ces programmes a pour mission d’aider les agriculteurs à garantir la conformité de leur produit aux différentes normes imposées à l’exportation par les pays occidentaux.

 

    • Environnementale : les ONG soutiennent également la protection des forêts, notamment par la replantation des espèces appréciées par les abeilles. De plus, l’apiculture est une activité bénéfique pour l’environnement car la richesse et la qualité de la biodiversité sont des gages de qualité du produit fini. Les apiculteurs ont donc intérêt à préserver leur environnement intact.

 

  • Économique : le miel d’Oku se place sur un marché très demandeur, tant à l’échelle locale et nationale qu’à l’échelle de la sous-région. Environ 20 tonnes sont produites chaque année par environ 600 apiculteurs. L’IGP a également eu un rôle économique majeur. Ce gage de qualité encore rare en Afrique permet de valoriser le miel d’Oku. Mais aussi de créer l’emploi et de booster l’exportation, il encourage les agriculteurs aux bonnes pratiques environnementales. Depuis septembre 2013, le prix du miel blanc d’Oku a augmenté de 40% et le prix du litre transformé est passé de 1.500 FCFA à 4.000 CFA, garantissant ainsi de meilleurs revenus pour les agriculteurs. Enfin, la richesse de l’écosystème de cette région a permis la production de produits forestiers non ligneux essentiels aux coopératives locales et à l’économie des populations.

Malgré les dangers qui menacent la production du miel d’Oku telle que les feux de brousse ou l’exploitation forestière entre autres, c’est un produit qui arrive à se placer sur le marché international. Le miel blanc d’Oku représente un bel exemple de gestion et de valorisation des richesses du continent africain.

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