Cameroun : Trois leaders religieux poursuivis par des parents d’élèves, le gouvernement y serait-il pour quelque chose?

News Cameroun – Trois leaders catholiques anglophones, dont l’archevêque de Bamenda, sont poursuivis en justice pour avoir fermé des écoles.

Les plaignants, une association de parents d’élèves, reprochent aux dignitaires religieux leur rôle durant la crise anglophone. En effet, lorsque certains établissements rouvraient leurs portes après les grèves, les autorités de l’église catholique de Bamenda ainsi que trois directeurs d’écoles privées catholiques ont choisi de ne pas rouvrir les leurs. Cette décision aurait été prise afin de soutenir les revendications anglophones. Les plaignants réclament 150 millions de dommages et intérêts.

Richard Ndé, l’avocat des évêques a affirmé que malgré l’absence du corps professoral, les écoles n’ont jamais été fermées. Il évoque cependant l’éventualité d’un prétexte politique à cette affaire.

Plainte de parents d’élèves ou réaction du gouvernement ?

En effet, les leaders religieux de Bamenda avaient écrit il y a quelques mois, un mémorandum dans lequel ils expliquaient que la crise politique et sociale que traversent actuellement les régions anglophones était la raison des nombreuses grèves et du problème scolaire.

«Ils nous accusent de pointer le doigt au gouvernement.» explique Mgr Conrelius Fontem Esua, lui aussi appelé à comparaître.

Il rajoute même qu’il s’agirait d’un «procès fantôme» :
«Nous nous demandons pourquoi ce procès ? Qui est notre adversaire ? Et pourquoi ne pas venir à nous pour qu’on en parle avant d’arriver au tribunal ? Ce sont des choses qui sont curieuses. Nous, nous sommes complètement en paix.» a-t-il déclaré lors d’une rencontre avec VOA Afrique

Par ailleurs, un prêtre et un pasteur de confession presbytérienne ont également été accusés par la même association de parents d’élèves pour incitation consécutive à l’arrêt des activités au sein de leurs écoles depuis novembre dernier.

En attendant les premières audiences du procès prévues en juin prochain, les motifs de cette affaire restent flous. Bien que le consortium de parents d’élèves soit mis en avant, certains suspectent le gouvernement camerounais de vouloir punir les trois évêques pour leur rôle durant la crise anglophone, notamment pour ce qui pourrait être perçu comme une incitation à la grève.

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