CAN 2017 : le formidable rugissement des lions

Sport Cameroun – « Impossible n’est pas Camerounais » selon un dicton populaire. Hier, les lions indomptables du Cameroun l’ont prouvé en décrochant leur cinquième coupe d’Afrique des Nations, lors d’une finale remportée sur le fil face à l’Égypte. Il aura fallu attendre quinze ans aux Camerounais pour enfin soulever ce trophée après leur dernier sacre de 2002.

Au bout du suspens, les lions indomptables ont eu raison des pharaons. Le sélectionneur argentin de l’Egypte Hector Cuper n’a pas réussi à vaincre sa malédiction d’éternel perdant. En effet, il a perdu chacune des grandes finales qu’il a disputés en tant qu’entraineur (trois finales de coupe d’Europe et une finale de coupe d’Espagne). Les camerounais quant à eux voulaient prendre leur revanche sur les Egyptiens qui les ont battu à deux reprises en finale de la CAN (1986 et 2008).

Un début de match mitigé, voire alarmant pour le Cameroun

La mauvaise entame du Cameroun a donné des sueurs froides à plus d’un supporter camerounais. En effet, ce n’était pourtant pas bien parti pour l’équipe nationale camerounaise. Dès l’entame du match, ce sont les Égyptiens qui attaquaient cette finale avec plus d’ambitions et d’hargne. L’équipe camerounaise dirigée par le sélectionneur allemand Hugo Broos reculait sous les attaques répétées des pharaons courageux.

Les percussions répétées des Égyptiens ont fini par avoir raison des Camerounais un peu trop timides. À la 22e minute, El Neny bien servi dans la surface par Mohammed Salah trompe Ondoa d’un plat du pied imparable.

Nicolas Nkoulou, emblématique et stupéfiant, c’est l’avis des camerounais à la fin du temps réglementaire. Et pour cause, tout semblait ne pas être en faveur du Cameroun dans cette première mi-temps. À la 27e minute, le défenseur Adolphe Teikeu, pièce maîtresse de la charnière centrale des lions indomptables, se plaint d’une douleur à la cuisse.

Il est remplacé à la 31e minute par Nicolas Nkoulou qui n’avait fait qu’une seule apparition dans cette compétition lors du troisième match face au Gabon. C’est de lui que viendra la révolte des félins à la deuxième mi-temps.

Alors qu’il n’est plus le titulaire indiscutable d’autrefois dans cette sélection, il allait montrer qu’il fallait encore compter sur lui. Resté aux avant-postes à la suite d’un corner, il monte plus haut que tout le monde pour reprendre de la tête un centre venu de nulle part de Benjamin Moukandjo à la 59e minute. Le stade de l’amitié exulte.

Vincent Aboubakar, de remplaçant à Héros national 

Après ce but, les deux équipes, prudentes, vont tenter de gérer ce match en évitant de faire des erreurs décisives. La chaleur humide de Libreville se fait pesante sur les organismes des joueurs, à l’exemple de Amr Warda qui s’écroule sur le terrain à cause de crampes à la 81e minute.

Alors qu’on se dit filer une fois de plus vers des prolongations lors d’une finale de la CAN, Vincent Aboubakar, entré en jeu à la pause, va marquer le but salvateur pour les lions indomptables. Et quel but ! Le coup du sombrero ! Enchaînement « poitrine-aile de pigeon-reprise de volée », le tout entre deux défenseurs pour tromper le portier égyptien. On joue alors la 88e minute. Ce coup de massue anéantira les espoirs de sacre des pharaons.

Hugo Broos, a-t-il mis la presse camerounaise d’accord ?

Le coaching d’Hugo Broos a été l’élément décisif de cette finale. Les deux buts camerounais sont l’œuvre de deux joueurs cantonnés sur le banc des remplaçants.

Quand on sait que l’allemand est très critiqué par la presse camerounaise qui lui reproche justement d’avoir évincé de l’équipe des anciens en favorisant l’éclosion de jeunes joueurs un peu trop tendres à leurs yeux. Il a tenu ferme face aux journalistes et est resté fidèle à sa philosophie.

En voyant le niveau de jeu affiché par le jeune gardien Ondoa, décisif lors de la séance de tirs au but face au Sénégal, ou encore la parade venue d’un autre monde dans les dernières minutes du match face au Gabon, qui leur a permis de se qualifier pour les quarts de finale, on se dit simplement que ses choix étaient les bons.

Les monarques seront-ils rois chez eux ?

Les pharaons égyptiens rêvaient d’une couronne précieuse à cette CAN pour faire oublier leurs années d’absence lors de compétitions officielles, mais aussi pour panser les blessures du drame de Port-Saïd lors d’affrontements en marge d’un match de leur championnat qui avait fait de nombreuses victimes. On retiendra tout de même leur come-back. Ils n’ont pas démérité. Ils ont su démontrer que les pharaons sont éternels.

L’histoire retient le palmarès. Celui de 2017 est en faveur des lions indomptables que l’on pensait aux crinières scalpées il y a encore quelques semaines. Rien ne laissait présager cet épilogue heureux pour eux, et pourtant ils ont mis tous leurs adversaires « dans la sauce » comme le dit cette chanson populaire scandée par leurs supporters fêtant cette victoire.

La prochaine Coupe d’Afrique des Nations de 2019 se jouera au Cameroun. C’est avec le statut de monarques que les lions indomptables essaieront de défendre leur titre qui vient de rallumer la flamme dans les cœurs de leurs supporters. Cette prochaine édition de la CAN s’annonce déjà passionnante.

 

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