Can 2017 : Gabon – Cameroun, un match arrangé?

Ce dimanche 20 janvier 2017, le Cameroun et le Gabon s’affronteront au stade de l’amitié de Libreville à 20h, heure locale, au cours de leur dernier match de phase de poule. Depuis quelques jours, Libreville bruisse de rumeurs de corruption autour de cette confrontation sportive. Selon ces dernières, les autorités gabonaises auraient proposé 10 milliards FCFA (environ 15 millions d’euros) aux footballeurs camerounais afin de favoriser une victoire des panthères du Gabon pendant ce match. En effet, cette rencontre est décisive pour le Gabon qui serait éliminé en cas de défaite (en cas de match nul, le sort de l’équipe dépendra du score du match entre le Burkina Faso et la Guinée-Bissau, qui se jouera au même moment).

Quel intérêt ?

L’édition 2017 de la Coupe d’Afrique des nations (CAN) reste un événement très controversé au Gabon, pays organisateur, où une crise politique, économique et sociale fragilise le régime et crée des clivages chez les populations.

Les autorités du pays comptent actuellement sur la compétition pour apaiser les tensions et réconcilier les Gabonais. Par conséquent, si le Gabon était éliminé de la compétition après son match face au Cameroun, on pourrait redouter que des tensions éclatent dans certaines villes du pays.

Par ailleurs, des organisations de la société civile et des jeunes sur les réseaux sociaux dénoncent le coût de l’événement et son absence de rentabilité. En effet, les prix des billets sont très faibles, l’État procède à des distributions gratuites de billets, les stades sont quasiment vides à chaque match, etc. Ainsi, une faible performance sportive de l’équipe nationale du Gabon vouerait à l’échec l’objectif de rassemblement fixé par le gouvernement gabonais.

Une hypothèse peu réaliste 

Les rumeurs de corruption autour du match Gabon-Cameroun qui se sont accrues ces derniers jours ne résistent cependant pas à la réalité de la situation des finances du Gabon. En effet, le Gabon traverse actuellement une crise économique grave qui limite fortement les capacités financières de l’Etat, les fonctionnaires peinent à recevoir leur salaires chaque mois (la masse salariale publique est d’environ 60 milliards chaque mois) et l’État vient d’emprunter 131 milliards FCFA (200 millions d’euros) auprès de la Banque africaine de développement (BAD).

Dans le contexte budgétaire gabonais actuel, il parait peu réaliste que les autorités gabonaises dépensent 10 milliards FCFA afin de corrompre une équipe nationale en pleine phase finale de CAN.

Enfin, pour qu’il y ait corruption, il faudrait que le staff camerounais accepte de se compromettre. Cette hypothèse est très peu probable.  Roger Milla, légende du football camerounais a d’ailleurs affirmé que « le Cameroun n’est pas achetable […] personne ne peut acheter le Cameroun et faire du chantage au pays. […] Il faut respecter le Cameroun. […] Nous n’accepterons jamais ça ; on est un pays honnête. Personne ne peut nous acheter ». Voilà qui est dit.

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