CAN 2017 : le grand retour des Pharaons

La 31ème édition de la coupe d’Afrique des Nations de football débute aujourd’hui à Libreville sous un climat politique et social délétère. Les événements consécutifs à la dernière élection présidentielle sont encore frais dans les esprits.

Cette situation n’est pas le seul fait marquant de cette nouvelle édition. On pourrait également noter la première participation de la Guinée-Bissau qui a terminé en tête de sa poule de qualification en déjouant tous les pronostics. Elle est surtout  marquée par les grandes retrouvailles entre les pharaons d’Egypte et la grande fête du football africain.

Nation historique du football africain

L’Egypte est historiquement l’une des plus grandes nations du football africain. Rappelons tout d’abord que c’est un égyptien qui est à l’origine de la création de cette compétition. En effet, c’est sous l’initiative d’Abdelaziz Salem, alors membre de la FIFA et fondateur de la CAF, qu’est organisée la première édition de la CAN à Khartoum au Soudan en février 1957.

Elle a non seulement remporté la première édition de la coupe d’Afrique, mais elle en a remporté six autres depuis, ce qui fait d’elle la nation la plus titrée du continent. La sélection égyptienne est familière de cette compétition en ayant participé vingt-deux fois sur les trente éditions organisées jusqu’ici.

Sa dernière participation remonte à 2010 en Angola, édition qu’elle a remportée haut la main en gagnant tous les matchs qu’elle a joué. A cette époque, l’équipe égyptienne était donc la plus forte du continent. Autre fait remarquable, cette victoire en terre angolaise constituait un véritable exploit, car elle faisait de l’Egypte la première nation remportant la coupe d’Afrique des nations trois fois de suite (2006, 2008 et 2010).

Depuis lors, l’Egypte s’est faite remarquée pour avoir été absente des trois dernières éditions organisées. C’était donc la nation à la fois la plus titrée et la plus forte qui disparaissait des radars du tournoi final de la compétition.

La sélection pâtit de l’instabilité politique

Ces sept années de vaches maigres s’expliquent d’une part par l’instabilité politique qui a régné au pays des pyramides suite à la révolution des printemps arabes et d’autre part par l’annulation du championnat professionnel national à la suite du drame de Port-Saïd ayant fait 74 morts et des centaines de blessés lors d’affrontements à l’issue  d’un match de  championnat  opposant le club d’Al Masry et celui d’Al Ahly SC.

Sans compétition locale, le niveau des joueurs a fortement régressé. Ce qui pousse un bon nombre d’entre eux à l’exil en Europe et dans les championnats phares des pays du golfe.

Ainsi, de nombreux joueurs brillent dans les plus grands championnats européens, notamment Mohamed Salah qui fait les beaux jours de l’AS Roma, Rami Rabia qui évolue au Sporting Portugal, ou encore Mohammed El-neny et Ramadan Sobhi qui jouent tous deux en Premier League. C’est donc une sélection avec fière allure qui dispute cette édition gabonaise.

La renaissance des Pharaons

Le retour à la lumière de la sélection égyptienne ne s’explique pas seulement par la présence de joueurs talentueux, car il ne suffit pas seulement d’avoir de bons ingrédients pour que la mayonnaise prenne, mais cela se traduit surtout par l’apport tactique du sélectionneur argentin Hector Cùper, aux manettes depuis mars 2015. Depuis qu’il dirige cette sélection, elle a fortement progressé, privant notamment le grand Nigéria de phase finale, sélection ayant remportée une CAN pendant ces années de disette de l’Egypte. En 2016, l’Egypte n’a perdu que deux rencontres, à chaque fois en perdant 1 but à 0.

C’est  donc une Egypte « relookée » qui fait son grand retour lors de cette Coupe d’Afrique des Nations. Habituée à briller à chacune de ses participations, c’est avec la ferme volonté de faire oublier son passage à vide qu’elle arborera ses couleurs en terre gabonaise.

Ne dit-on pas qu’un pharaon est éternel ? Premier élément de réponse, ce mardi à 20h, lors de son entrée en lice face aux aigles du Mali.

Groupe D : Egypte, Ghana, Mali et Ouganda

Programme des pharaons :

Mardi 17/01 à 20h Mali – Egypte
Samedi 21/01 à 20h Egypte – Ouganda
Mercredi 25/01 à 20h Egypte – Ghana

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