CAN 2017 : Les panthères éliminées, les Gabonais entre larmes et cris de joie

Ce dimanche 22 janvier 2017 se jouait la 3eme journée de phase de poules du groupe A de la coupe d’Afrique des nations (CAN 2017). Deux matchs, Gabon-Cameroun et Guinée-Bissau-Burkina,  devaient définitivement départager les quatre nations qui s’affrontaient respectivement au stade de l’amitié sino-gabonaise d’Agondjé et au stade de Franceville. À l’issue de ces confrontations, le miracle n’a pas eu lieu pour le Gabon, pays organisateur, qui après un match nul 0-0, a vu la qualification lui échapper au bénéfice du Cameroun voisin et du Burkina Faso.

#463milliardsCadeau

Cette élimination du pays organisateur  dès le premier tour, a suscité de nombreuses réactions dont les plus surprenantes viennent des Gabonais eux-mêmes. En effet,  si de nombreux Gabonais, supporters des Panthères ont exprimé leur dépit  à l’issue de la rencontre face aux Lions indomptables, d’autres ont clairement célébré cette défaite, à travers de nombreux posts sur Twitter et Facebook.

Railleries, insultes, critiques acerbes, éloges ironiques et félicitations ont plu ce soir du côté des Gabonais. Dans la foulée, de nombreux hashtags de dénonciations ont vu le jour, à l’instar du hashtag #463MilliardsCadeau faisant référence à la polémique née du coût d’organisation de cette compétition jugé trop élevé.

Les compatriotes d’Aubameyang ont profité de la défaite sportive pour critiquer l’utilisation des ressources publiques faites par le gouvernement d’Ali Bongo en période de crise. Ils ont ainsi listé ce qui aurait pu être réalisé avec les fonds alloués à l’organisation de deux CAN en 5 ans au Gabon.

Le comportement paradoxal des Gabonais observé sur les réseaux sociaux s’est aussi manifesté dans certains quartiers de Libreville, la capitale gabonaise. Selon de nombreux témoignages, des feux d’artifice auraient été lancés ainsi que des klaxons entendus.

Les joueurs de l’équipe nationale insultés

Ces quelques  réactions dans la capitale gabonaise s’opposent à  celles des Gabonais, supporters des Panthères qui restent amers face à la défaite. Certains d’entre eux, présents au stade, ont attendu les joueurs de l’équipe nationale à la sortie des vestiaires pour exprimer leur colère, allant parfois jusqu’à proférer des injures à leur encontre.

Pour rappel,  de nombreux signes avant-coureurs avaient donné le ton du rejet des Gabonais, pour leur équipe nationale et cette coupe d’Afrique des nations. Sur les réseaux sociaux, après  avoir successivement mis profil sur Facebook les photos des adversaires des Panthères du Gabon, ou des autres participants à la compétition, de nombreux Gabonais, s’employaient à féliciter et encourager les adversaires  de l’ex-Azingo.

Dans le même temps, les autorités ont mené un chapelet de campagnes publicitaires sur les ondes de la télévision et de la radio, mais également sur les réseaux sociaux afin de susciter l’engouement chez le plus grand nombre et de rassembler la nation autour de l’équipe qui défendait leurs couleurs.

Pour comprendre cette réaction atypique et curieuse, il faut analyser le contexte dans lequel se joue cette coupe d’Afrique des nations, dans ce petit pays de moins de deux millions d’habitants. Suite aux violences post-électorales de septembre dernier, de nombreux opposants et membres de la société civile appellent depuis deux mois les populations à boycotter la compétition. Cette vague de contestation a longtemps semé le doute sur la tenue de ce tournoi en terre gabonaise, au point où la confédération africaine de football (CAF) et les autorités gabonaises ont dû rassurer la communauté africaine sur le calme et les conditions mis en place pour que tout se passe dans les meilleurs hospices.

Avec l’élimination du pays organisateur à ce stade de la compétition, il faut redouter un fort désintérêt des populations locales pour les matchs à venir, dans une compétition où, jusqu’à présent, les stades ont du mal à se remplir pendant les rencontres.

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