CAN 2017: Quand le sport divise au lieu de rassembler

Partout dans le monde, le sport est considéré comme un outil de paix, un moment de partage pouvant rassembler les individus autour d’une passion commune. La CAN 2017 semblerait donc tomber à pic cette année au Gabon où les élections présidentielles d’août 2016 ont laissé un climat tendu. Pourtant, à quelques jours du lancement de la compétition, le sport n’a jamais autant divisé le pays.

Le Gabon peut-il organiser la CAN?

La question de l’organisation de la CAN 2017 au Gabon qui fait débat depuis plusieurs mois a été levée le 26 septembre 2016 au Caire lors de la réunion du Comité exécutif de la CAF, au cours de laquelle son président, Issa Hayatou, a confirmé que “sauf brusque dégradation de la situation sécuritaire”, la compétition se déroulerait au Gabon du 14 janvier au 5 février 2017.

Suite à cette décision, certains militants affiliés à l’opposition à l’instar de Féfé Onanga – président du Mouvement Populaire des Radicaux (MPR) -, ou encore Marc Ona Essangui – leader de la société civile Gabonaise-, ont appelé à un boycott non-violent de la compétition. Les retours à ce sujet restent très mitigés.

Comment les Gabonais se préparent-ils à accueillir la CAN ?

D’une part, les pros-CAN pensent qu’il faudrait profiter de la compétition pour apaiser les tensions, réconcilier les Gabonais mais aussi pourquoi pas, en faire profiter leurs commerces. D’autres amoureux du foot souhaiteraient que le football ne soit pas mêlé à la politique et se soucient des dangers que pourrait provoquer un boycott de la compétition sur la sécurité des joueurs et des supporters étrangers.

D’autre part, une partie des Gabonais crie au scandale. Selon eux, organiser une compétition de football à 463 milliards FCFA (environ 706 millions d’euros) n’est pas une priorité dans un pays en pleine crise politique, sociale et économique. Rappelons que de multiples grèves rythment le quotidien du pays et que la scolarité des étudiants du public, débutée en novembre jusqu’au 22 décembre 2016, sera interrompue le temps de la compétition. Les internautes ont d’ailleurs déjà répondu à l’appel au sabotage sur les réseaux sociaux où plusieurs “hashtags” ont émergé : #CAN17WECANNOT ou encore #PASDECANAUGABON.

L’évènement très médiatisé, représente donc une opportunité pour ces Gabonais de scander leur mécontentement aux yeux du monde.

À la veille du lancement de la compétition, la CAN pourrait faire oublier les tensions ou au contraire, les mettre au devant de la scène.

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