Centrafrique : Les Quartiers du PK5 à feu et à sang

Forces de l'ordre - Bangui
Forces de l’ordre – Bangui RFI ©

Des violences ont été enregistrées dans la nuit de lundi a mardi dans les quartiers voisins du PK5 à Bangui suite à l’assassinat d’un chef de groupe d’autodéfense. De nombreux habitants de ces quartiers se sont dirigés vers l’ancien camp de l’aéroport de Mpoko.

«?Bigman?» assassine par les forces de l’ordre

Dès l’annonce du décès de «?Bigman?», ce mardi, dans le quartier du PK5 des représailles ont eu lieu. Ce chef de groupe d’autodéfense du quartier musulman de Bangui a été abattu par les forces de l’ordre nationales. Afin de se venger, les lieutenants du chef de groupe se sont introduits dans les quartiers des alentours en brulant des maisons. Le quartier du PK5 est l’épicentre des tensions entre musulmans et chrétiens. Ces affrontements interviennent alors même que la sécurité s’était améliorée ces derniers mois. Quatre personnes, dont un pasteur auraient perdu la vie lors de ces invasions. Une dizaine de blessés ont également été transportés vers un centre hospitalier local selon le coordinateur humanitaire de l’ONU Dr. Michel Yao qui a affirmé que des individus armés auraient essayé d’entrer dans l’hôpital afin de tuer certains blessés.

Les habitants de retour dans le camp de Mpoko

Les détonations des armes auraient fait fuir les habitants vers le camp de Mpoko. En effet, deux à trois cents personnes ont retrouvé ce camp près de l’aéroport de Bangui, qu’ils avaient occupé pendant plus de trois ans. Sur place, c’est l’incompréhension, les déplacés sont abattus d’être à nouveau de retour alors qu’ils venaient d’évacuer les lieux il y a quelques semaines. Tony Belém, un témoin interviewe par RFI a confié «?J’ai fait trois ans ici sur ce camp et après mon retour je croyais que c’était fini. Mais avec ce qui s’est passé hier, je ne sais pas combien d’années je vais faire ici. Je peux m’éterniser ici tant que le gouvernement ne trouvera pas une bonne solution pour notre retour?»
Le gouvernement n’a pas encore fait de communiqué officiel sur les évenements. Le ministère de la sécurité publique et la Minusca ont néanmoins appelé au calme et au respect du rôle des forces de sécurité.
 
 

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