La Chine s’engage à investir 40 milliards de dollars au Nigéria

La Chine va injecter 40 milliards de dollars dans l’économie nigériane à travers le financement de divers projets dans le pays. L’annonce a été faite par le ministre chinois des Affaires étrangères, Wang Yi, qui a achevé aujourd’hui une mini-tournée africaine.

La corruption comme gangrène

Particulièrement secoué par la chute des prix du pétrole, le Nigéria a un besoin urgent de financements. L’éphémère première puissance économique d’Afrique fait face à de graves tensions économiques qui l’ont obligé à dévaluer sa monnaie, le Naira, au 2e trimestre 2016. La crise au Nigéria que l’on pense uniquement conjoncturelle est en réalité tout aussi structurelle. Ce pays, le plus peuplé d’Afrique, a une économie extravertie, faiblement diversifiée et reposant principalement sur l’exploitation du pétrole.

En outre, des scandales de corruption à répétition ont permis de mettre à jour les pertes financières importantes de l’Etat au bénéfice de haut-fonctionnaires ou de responsables politiques. Dernier exemple en date, Goodluck Jonathan, l’ancien chef de l’Etat, fait actuellement l’objet d’une enquête de la justice italienne pour des faits de corruption présumée lors de l’attribution d’un contrat pétrolier aux compagnies pétrolières ENI et Shell en 2011.

Buhari veut plus d’investissements chinois

L’urgence de recevoir de nouveaux investissements pour relancer l’économie du Nigéria a conduit le président Muhammadu Buhari à inviter les entreprises chinoises à investir encore plus dans son pays. Il a déclaré que les secteurs des infrastructures, de l’énergie et manufacturiers étaient propices à la réception d’investissements en provenance de l’empire du milieu.

La Chine est un partenaire important pour le Nigéria. En 2015, le volume des échanges entre les 2 pays était d’environ 15 milliards de Dollars. Par ailleurs, la Chine est engagée dans de nombreux projets d’infrastructures dans le pays dans quasiment tous les secteurs d’activités (routes, chemin de fer, logements, hydrocarbures, etc.).

Le faible niveau de croissance enregistré en 2016 (environ de 1%) a conduit les autorités nigérianes à amplifier la lutte contre la corruption et à rechercher de nouveaux financements et investisseurs à l’international. La légère remontée des cours du pétrole après la décision, prise en novembre 2016, par l’Organisation des pays producteurs de pétrole (OPEP) de réduire le niveau de production du brut a donné du souffle à l’économie. Cependant, en l’absence de véritables réformes structurelles, l’économie nigériane demeurera peu résiliente.

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