Côte d’Ivoire : la ville de Bouaké tourne la page des manifestations violentes

 

Côte d'Ivoire/Bouaké : la CIE et NSIA banque pillées
© Sercom APRnews Photo Côte d’Ivoire/Bouaké : la CIE et NSIA banque pillées (Juillet 2016)

Côte d’Ivoire Société – En 2016 à Bouaké, plusieurs mouvements de protestation se sont transformés en de graves crises de trouble à l’ordre public. Les pires dégâts avaient été observés lors des manifestations contre le coût élevé de la vie en juillet. Plusieurs bâtiments administratifs, dont la préfecture, le siège du Conseil régional, le service des impôts et du cadastre avaient été détruits.

Aujourd’hui les représentants politiques sont prêts à tourner la page, et à fermement lutter contre ces violences qui ternissent l’image de Bouaké. Le 1er avril, une stratégie pour mettre fin aux manifestations violentes a été arrêtée par les différents chefs communautaires. Un réseau d’informations solides établi au cours des deux derniers mois devrait permettre aux autorités d’identifier les fauteurs de troubles.

Réhabilitation des structures routières de Bouaké

Une semaine à peine après la réunion des chefs communautaires, les travaux ont été amorcés. Un programme de réhabilitation lancé par l’agence ivoirienne de gestion des routes a été mis en place. Ce programme concerne les feux tricolores des principales artères. Au total 8 lanternes piétonnes, 3 répartiteurs, 2 lanternes et un radar seront remplacés au cours de cette opération. Ces structures avaient été saccagées au cours des manifestations de juillet 2016.

Au cours de l’inauguration des premiers feux tricolores réhabilités, le maire de Bouaké, Nicolas Youssouf Djibo a invité les citoyens à bannir dorénavant le vandalisme. Selon Djibo, « la colère ne sert à rien, on peut toujours trouver une solution à un problème sans passer par les voies de la violence ».

Les autorités locales chercheraient-elles à rassurer les investisseurs ?

La Côte d’Ivoire connaît depuis 2010, une croissance élevée qui s’appuie sur un programme ambitieux d’investissement dans les infrastructures. L’année 2017 s’annonce prometteuse pour l’économie de la ville de Bouaké.

L’entreprise marocaine CIMAF (Les Ciments de l’Afrique) affiche clairement son ambition de s’établir en Côte d’Ivoire. La CIMAF prévoit d’ouvrir des usines de ciment dans plusieurs villes du pays. Le lancement de la construction de l’usine de Bouaké est prévu pour mai 2017.

En plus de la CIMAF, le groupe français ENGIE prévoit d’investir dans la ville de Bouaké. À cet effet, le 27 février, ils annonçaient la création d’une centrale solaire de 150 MW. Au mois de mars, Orabank ouvrait également une nouvelle agence à Bouaké. Beaucoup d’autres exemples similaires témoignent du retour des investisseurs dans cette ville ivoirienne.

Énormément d’entreprises entrent dans la scène économique de Bouaké, la stabilité sociale devient plus que jamais impérative. L’intention des représentants politiques de ramener le calme est à encourager. Cependant si la source de la fronde sociale reste inchangée et si les conditions de vie des habitants de Bouaké sont les mêmes le problème n’est résolu qu’à moitié.

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