Urbanisme : constructions en Afrique subsaharienne, quelles alternatives au béton ?

construction en beton
© seneplus.com

L’urbanisation en Afrique est un sujet très ambigu. Malgré toute son avancée technologique, le continent peine toujours à trouver des solutions adaptées à sa population et son climat majoritairement tropical. Historiquement, les constructions d’Afrique subsaharienne sont bioclimatiques, principalement composées de matériaux naturels et à faible empreinte écologique.

Aujourd’hui, seules les structures en béton sont considérées comme «solides» et durables. Une jeune gabonaise interrogée à ce sujet a déclaré : «pour moi, une maison qui n’est pas tout en dur n’est pas une maison solide». La notion de construction bioclimatique en Afrique n’est donc pas toujours bien vue du public. Le béton n’est pourtant pas le seul modèle de stabilité structurelle en construction.

Le béton, avantages et inconvénients

L’un des avantages principaux du béton est sa durabilité. Ce n’est pas sans raison qu’il est utilisé pour la fabrication des ponts et des structures de chaussées. Il peut également être coulé pour créer des formes diverses, permettant ainsi à l’architecte d’exprimer sa créativité. Le béton demande très peu d’énergie tant dans sa fabrication que dans son utilisation. Quand tous les facteurs bioclimatiques sont réunis, il peut également présenter des avantages thermiques non négligeables. Ce matériel est également 100 % recyclable.

Cependant, la combinaison béton-verre-tôle, très utilisée en Afrique pour l’enveloppe et la toiture des bâtiments est accumulatrice de chaleur. Ces matériaux sont à l’origine de la sensation d’inconfort thermique ressentie dans beaucoup de maisons sur le continent. Ceci explique l’utilisation excessive de la climatisation dans plusieurs foyers. Dans un pays comme le Sénégal, 84 % de l’utilisation des gaz frigorifiques est destinée aux équipements de climatisation. Les conséquences pour l’environnement sont considérables, car ces gaz (chlorofluorocarbones) ont un effet destructeur sur la couche d’ozone.

Quelles solutions pour le continent africain?

Au vu des différents inconvénients énoncés plus haut, le défi consiste donc à trouver une alternative pour varier l’offre de matériaux sur le marché du bâtiment africain et en finir avec la «toute-puissance du béton». Il est important de noter que le béton ne disparaîtra jamais complètement, car il n’y a pas de meilleure alternative pour la construction des fondations en bâtiment.

Le typha, ce roseau envahissant les lacs d’Afrique de l’ouest, présente d’excellentes propriétés d’isolation et de perméabilité à l’air. Il peut donc contribuer à l’amélioration du confort thermique des bâtiments. Des projets financés par le fonds français pour l’environnement mondial devraient permettre l’utilisation du typha comme isolant et adjuvant au ciment et à la terre pour l’enveloppe des bâtiments.

Le typha
Le typha © fallingwaterdesigns.com

Les États-Unis utilisent principalement le bois comme matériel de construction particulièrement à cause de son abondance en Amérique du Nord. Les structures en bois sont légères et rapides à construire et sont moins dangereuses que le béton en cas de catastrophes naturelles. Cependant, la standardisation des différents types de bois et de leur propriété structurelle serait à établir avant de se lancer dans ce sens. La maintenance de ces structures est beaucoup plus intense et les dangers d’incendies non négligeables. Compte tenu du contexte socioéconomique en Afrique subsaharienne, le manque de suivi de ces structures pourrait potentiellement présenter plus de problèmes que de solutions.

D’autres facteurs non négligeables

Le béton n’est pas un mauvais matériel de construction en soi. Beaucoup d’autres facteurs, souvent négligés rentrent en compte pour l’amélioration du ressenti thermique dans une structure :

  • Une orientation sur site facilitant la ventilation naturelle
  • L’utilisation optimale de la végétation
  • La limitation d’obstacles s’opposant au vent
  • Une protection solaire efficace avec des toitures réflectives fortement ventilées
  • L’isolation thermique des murs et l’utilisation minimale des peintures sombres

Le plus gros problème du continent est la construction anarchique. Les plus grandes métropoles se sont construites avec peu de régulations et il est difficile de recadrer le tir autant d’années après. Beaucoup de bâtiments en Afrique subsaharienne ne répondent pas aux normes de sécurité minimum. La majorité des édifices n’ont pas d’accès handicapé ni d’issues de secours. En 2050, un quart de la population mondiale sera sur le continent africain. Il est grand temps que nos gouvernements trouvent des solutions afin de loger les populations dans des habitations répondant aux normes de construction internationales.

Sources : http://theconversation.com/en-finir-avec-le-tout-beton-en-afrique-72556 – http://www.caue-martinique.com/media/fichepr-23-construire-bioclimatique-a-la-martinique.pdf – https://bonestructure.ca/fr/articles-fr/quels-sont-les-avantages-et-les-inconvenients-des-diverses-methodes-de-construction/

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