Coopération numérique : l’Alliance Smart Africa pour une Afrique interconnectée

Des présidents des pays de l'alliance smart africa
Des présidents des pays de l’alliance smart africa© smartafrica.org

Développer l’Afrique par les technologies de l’information et de la communication (TIC), voilà en quelques mots l’ambition de l’Alliance Smart Africa, partenariat entre plusieurs pays africains désireux de réduire la fracture numérique de l’Afrique subsaharienne d’avec les autres régions du monde et de placer les TIC au cœur des politiques de développement et de croissance.

Secteur novateur et dynamique, le numérique se veut être un axe important comme moteur de création d’emplois, de promotion de l’entrepreneuriat et d’attraction d’investisseurs. Dans une Afrique qui peine à se développer, miser sur l’innovation technologique apparaît significativement comme opportun. Les chefs d’État africains ayant adhéré à l’Alliance Smart Africa l’ont bien compris, le but étant d’unifier leurs efforts et leurs investissements autour de cette plateforme commune.

Du Transform Africa Summit à une organisation panafricaine

Sous l’impulsion du président rwandais Paul Kagame en organisant le Transform Africa Summit en 2013 à Kigali au Rwanda, les pays participants au dit sommet ont constaté le net retard de l’Afrique Subsaharienne sur les autres régions du monde et notamment sur l’Afrique du Nord concernant le développement des TIC.

En établissant un diagnostic structurel et remarquant un roaming relativement élevé entre les différents pays, il a semblé évident de trouver une manière d’y remédier en créant une organisation interétats. Ce sommet a ainsi abouti à la rédaction d’un manifeste pour lequel sept pays se sont engagés «à assurer l’accélération du développement socio-économique à travers les TIC» en Afrique. Ce manifeste a servi de base à la création de l’Alliance Smart Africa.

Depuis, plusieurs autres pays africains ont adhéré à l’organisation. Au départ composée de sept pays, l’ONG panafricaine en compte actuellement 17. Plusieurs organisations institutionnelles et plusieurs partenaires privés se sont joints à cette aventure numérique tels que Intel, Ericsson, et le géant chinois de la téléphonie mobile Huawei.

300 milliards de dollars d’investissement pour dynamiser la croissance

C’est autour de cinq principes déclinés dans son manifeste que l’organisation panafricaine veut atteindre ses objectifs. L’Alliance Smart Africa travaille à la mise en place de politiques servant à :

  • mettre les TIC au centre des agendas nationaux de développement socio-économique
  • améliorer l’accès aux TIC, notamment une plus grande bande passante
  • améliorer la responsabilisation, l’efficacité et l’ouverture grâce aux TIC
  • placer le secteur privé en avant-garde du développement numérique
  • utiliser les TIC pour promouvoir le développement durable.

Les TIC «ont la capacité de niveler les règles du jeu mondiales, de débloquer le capital humain et d’exploiter pleinement son potentiel» déclare le président de l’Alliance Smart Africa Paul Kagamé sur le site internet de l’organisation. La concrétisation du manifeste par les pays signataires encouragera l’entrepreneuriat, augmentera la création d’emplois et ainsi améliorera le niveau de vie de nombreux Africains grâce à cette initiative.

D’ici à 2020, l’organisation a prévu investir 300 milliards de dollars dans les secteurs visés pour permettre à l’Afrique de réaliser son développement numérique.

Vers la création d’un marché numérique unique

L’Alliance Smart Africa s’est également fixé comme objectif la création d’un marché unique numérique dans les années à venir. Pour y arriver, l’harmonisation des coûts de connexion à internet en comblant les lacunes en matière d’infrastructures et la suppression du roaming (frais d’itinérance mobile) apparaissent comme étant les chantiers prioritaires.

Des initiatives en ce sens sont entreprises. Par exemple, pour quatre pays, à savoir le Kenya, le Rwanda, le Soudan du Sud et l’Ouganda, la zone unique est une réalité. Cette zone unique permet l’utilisation d’une puce téléphonique unique dans ces pays qui composent ladite zone. Un projet allant dans le même sens est en cours de réalisation entre le Burkina Faso, la Côte d’Ivoire, la Guinée, le Mali et le Sénégal. Entre ces pays de l’Afrique de l’Ouest, la suppression du roaming est prévue pour fin mars de cette année.

1000 écoles connectées par pays

D’autres objectifs ont également été fixés lors du dernier conseil d’administration de l’organisation en février dernier. Selon le directeur exécutif de Smart Africa, le Malien Hamadoun Touré, un fond boursier sera mis en place pour permettre aux jeunes africains d’être formés dans le domaine des TIC. Il est également prévu la construction de «villages intelligents», la mise en œuvre des projets «internet pour tous» et «éducation pour tous». Il est ainsi prévu à court terme la connexion à internet de 1000 écoles à travers le continent cette année, et de 1000 écoles par pays dans les années à venir.

Tous ces projets nécessitent évidemment des investissements financiers importants. Bien que tous les pays membres se sont engagés à apporter une contribution financière, l’apport des fonds d’investissement et de développement s’avère indispensable. Des invitations sont lancées à d’autres pays pour qu’ils rejoignent l’initiative panafricaine, car 17 pays ne sont pas suffisants pour atteindre l’ambitieux rêve d’une Afrique 100% numérique.

Jusque là à la traine dans son développement, le continent africain mise sur sa coopération intérieure pour dynamiser son économie. Bien que le projet semble ambitieux, eu égard des lacunes évidentes en matière d’infrastructures, nous pouvons cependant être optimistes. C’est dans la convergence d’initiatives de ce type que l’Afrique avancera.

Les pays membres : Rwanda, Ouganda, Gabon, Soudan du Sud, Kenya, Sénégal, Mali, Tchad, Angola, Burkina Faso, Djibouti, Côte d’Ivoire, Guinée, Égypte, Bénin, Togo et Niger.

Site internet : http://www.smartafrica.org/
 

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