Côte d’Ivoire : les 6 journalistes proches de l’opposition remis en liberté

Vamara Coulibaly (au micro) © APA

Scènes de liesse et explosion de joie au tribunal d’Abidjan à l’annonce de la mise en liberté de 6 journalistes proches de l’opposition inculpés pour « propagation de fausses nouvelles susceptibles d’inciter des soldats à la révolte ».

« Nous n’avons fait que notre travail »

Vamara Coulibaly directeur de publication de l’Inter et Soir info, Hamadou Ziao rédacteur en chef de l’Inter, Bamba Franck Mamadou directeur de publication du quotidien Notre Voie, Yacouba Gbané directeur de publication du quotidien Le Temps, Jean Bédel Gnago journaliste de Soir info et Ferdinand Bailly du Temps, avaient été arrêtés dimanche, puis conduits au camp de gendarmerie d’Agban (Adjamé). La justice ivoirienne leur reproche d’avoir publié dans leurs journaux des articles sur un présumé accord passé entre le gouvernement et les forces spéciales alors que les soldats casernés à Adiaké s’étaient mutinés.

Le gouvernement ivoirien voit dans leurs articles une tentative de déstabilisation de l’État déjà fragilisé par une série de mutineries qui semble ne pas vouloir s’arrêter.

Si les journalistes se sont dit satisfaits de recouvrer la liberté et du soutien massif de la profession, ils ont rejeté les accusations portées à leur encontre. « Nous n’avons fait que notre travail », a déclaré l’un d’eux à la sortie du palais de justice d’Abidjan.

Abandon des poursuites

Massivement soutenus par les associations de journalistes ivoiriens et des organisations internationales de défenses des libertés, les six journalistes réclament un abandon des poursuites. Ils arguent que la liberté de la presse c’est d’abord la liberté d’informer.

Depuis décembre 2016, la Côte d’Ivoire est secouée par de multiples mutineries des militaires qui réclament que le gouvernement augmente leur salaire, leur verse diverses primes et leur concède un certain nombre d’avantages.

Le président ivoirien, Alassane Ouatarra doit son arrivée au pouvoir en mai 2011 au soutien de rebelles armés qui ont ensuite été intégrés dans l’armée régulière. Alassane Ouatarra s’opposait alors à Laurent Gbagbo, conduit à la CPI après l’accession de son adversaire à la magistrature suprême.

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