Côte d’Ivoire – Un ancien ministre de Gbagbo condamné à quatre ans de prison

Dr Assao Adou
Ex-ministre de de la Construction et de l`Urbanisme Dr Assoa Adou /Le gri-gri international /28/12/2014

Côte d’Ivoire – L’ancien ministre de Laurent Gbagbo, Dr Assoa Adou aété condamné ce mardi 18 juillet 2017, par la cour d’assises d’Abidjan à 4 ans d’emprisonnement. Comparaissant pour des chefs d’accusation assez graves, dont celui de complot contre l’autorité de l’État, c’est finalement pour trouble à l’ordre public que le prévenu a été condamné.

Débuté jeudi 13 juillet 2017, le procès du Dr Assoa Adou a connu son épilogue ce mardi. En effet, la cour d’assises d’Abidjan a finalement prononcé son verdict et condamné l’ex-ministre à quatre ans d’emprisonnement pour trouble à l’ordre public. Une sentence inférieure aux 10 ans l’emprisonnement requis par l’avocat général à l’encontre du prévenu. Autre fait marquant, Dr Assoa Adou , aux côtés de sept autres accusés, comparaissait pour complot contre l’autorité de l’État, détention illégale d’arme à feu, organisation de bandes armées et complicité d’attentat. Cependant, c’est pour « trouble à l’ordre public » que l’homme politique ivoirien sera condamné. Un fait qui n’est pas passé inaperçu auprès de la défense qui crie à la « décision politique ».

Pour Me Ange Rodrigue Dadjé , l’un des avocats de la défense, les choses sont assez claires. L’homme de droit s’est confié aux journalistes de Radio France Internationale (RFI). « Quand il n’y a rien, il n’y a rien, a-t-il déclaré. Trouble à l’ordre public n’a jamais existé dans l’arrêt d’accusation. Pour des raisons, je pense de pressions politiques, la Cour ne peut pas le laisser rentrer chez lui, on décide de le condamner. Mais il y a un problème, c’est que la Cour d’assises n’a pas compétence pour requalifier. Et là, je pèse mes mots. Mais, comme il fallait sauver la face de l’État de Côte d’Ivoire pour ne pas qu’ils aient honte, bien évidemment, il a été condamné pour troubles à l’ordre public ».

Affaire Assoa Adou : Une procédure et un procès mitigés

Les faits qui sont reprochés au Dr Assoa Adou sont postérieurs aux troubles post-électoraux de 2010-2011. L’ancien ministre de la Construction et de l`Urbanisme avait été arrêté en janvier 2015, après son retour d’exil du Ghana, quelques mois plus tôt. L’homme était accusé d’avoir fomenté un attentat, atteinte à la sûreté de l’État et constitution de bandes armées entre 2012 et 2013.

Des faits purement établis d’après l’avocat général. Lors du procès, il n’a pas manqué de le rappeler. « Ce sont des gens qui avaient l’intention d’organiser une attaque et qui ne sont pas allés au bout parce que les services de renseignements les ont dévoilés », a-t-il assuré. Des paroles immédiatement réfutées par les avocats de la défense qui soulignent l’absence de preuves.

Au – cours de la procédure déjà, ces derniers, les avocats de la défense, avaient à maintes reprises attiré l’attention des autorités quant aux nombreuses irrégularités qu’elle aurait constatées. La première d’entre elles fut les conditions d’arrestation du prévenu. L’ancien ministre et député prétend avoir été arrêté nuitamment sans mandat d’arrêt.

 De plus , selon l’avocat de la défense Me Martial Gahoua  , le fait que la cour d’assises n’ait pas autorité à juger un ancien ministre. Un argument balayé par l’avocat Soungalo Coulibaly qui a tenu à rappeler qu’avant Assoa Adou , d’autres ministres de l’ère Gbagbo avaient déjà été jugés par ladite cour.

Ainsi ,avec ce verdict, la défense a promis qu’elle irait se pourvoir en cassation. Quant aux autres accusés, qui écopent de peines comprises entre trois et dix ans d’emprisonnement.

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