Côte d'Ivoire : La crise de l'agrobusiness

Dans un rapport rendu public ce vendredi 27 janvier 2017, le groupe de travail sur la situation des entreprises de l’agrobusiness dresse un tableau sombre du secteur. Il en ressort que les institutions concernées par l’enquête reposent sur un système pyramidal; c’est-à-dire qu’il s’agit de malversations financières qui promettent des rendements mirifiques alors qu’elles rémunèrent les anciens investisseurs à l’aide des capitaux des nouveaux.

Il s’agit d’une escroquerie au sens de l’article 403 du Code pénal ivoirien.

Saisie des comptes des entreprises d’agrobusiness

Le ministre Bruno Kané porte-parole du gouvernement assurait que des efforts sont faits pour rembourser les souscripteurs sur la base des montants investis. Lesdits souscripteurs avaient déjà manifesté leur mécontentement et réclamé le dégel des comptes des entreprises d’agrobusiness, afin de rentrer en possession de leurs gains.

Le système d’agrobusiness a commencé en Côte d’Ivoire en 2008, avec monhevea.com et Respiidia, et il s’est accru en 2016, puisqu’il y a aujourd’hui 28 entreprises enregistrées.

Ces entreprises proposent des retours sur investissements de 300 à 1000 % dans des délais défiant toute concurrence (3 à 6 mois).

Il n’y a aucun doute pour le groupe de travail, présidé par le Directeur général du Trésor, qu’il s’agisse là d’un système de Ponzi, qui utilise les nouvelles souscriptions pour payer les retours sur investissement (RSI) des plus anciens souscripteurs., plutôt que de se servir de la vente de récoltes.

Parmi les mesures prises, on note le gel des comptes, l’arrêt de ce mode opératoire, réfléchir sur l’encadrement de ce secteur, et la prévention du retour d’un système pyramidal sur d’autres secteurs d’activités en Côte d’Ivoire.

Démentis de monhevea.com

Christophe Yapi, Directeur général de monhevea.com, a réagi à ces accusations dans une vidéo publiée sur la toile. Il réfute l’information selon laquelle son entreprise ne possède pas assez de capital pour payer ses souscripteurs, et il dénonce une cabale à son encontre, pour ruiner des ambitions politiques qu’on lui soupçonnerait. Il ne s’est pas retenu de pointer du doigt directement le commissaire divisionnaire de la police économique, Mr Diomandé. Ce dernier, après l’avoir sollicité financièrement sans succès, enverrait ses éléments piller son domicile lors de perquisitions qu’il juge illégales.

Réclamant la libération de son petit-frère, il dit «?vous avez ouvert la boîte de Pandore, êtes-vous capables de la refermer »

 

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