Côte d’Ivoire : le procès des « disparus du Novotel » débutera finalement le 21 février

Justice Côte d’Ivoire – Ce mardi 31 janvier s’ouvrait le procès dit des disparus du Novotel. Dix personnes sont accusées d’avoir torturé puis abattu quatre hommes durant la crise post-électorale ivoirienne en avril 2011. Le procès, très attendu par les familles des victimes, a finalement été reporté à la date du 21 février 2017.

Début décembre 2010, Laurent Gbagbo – président sortant – et Alassane Ouattara, ancien premier ministre, se déclarent tous deux vainqueurs de l’élection présidentielle qui vient d’avoir lieu. Le pays se divise en deux camps et la Côte d’Ivoire plonge alors dans la guerre civile.

Accusés et avocats absents à leur propre procès

Le mardi 31 janvier 2017, au palais de justice de Yopougon, le juge Cisseko informe l’assemblée et les avocats présents du renvoi du procès au 21 février.

Sur les dix accusés, cinq manquent à l’appel et ne sont représentés par aucun avocat.

Les accusés, parmi lesquels d’anciens hauts gradés militaires, devront répondre aux chefs d’accusation d’ « enlèvement », de « séquestration » ou encore de « disparition de cadavres »

Enlèvement puis assassinat

Le 4 avril 2011 à Abidjan, un commando militaire fait irruption à l’hôtel Novotel. À la recherche de journalistes français et cherchant à identifier la présence éventuelle de snipers, selon les témoignages de certaines personnes présente ce jour, ils repartiront avec quatre otages.

Stéphane Frantz Di Rippel, directeur de l’hôtel, Yves Lambelin, directeur général de la Sifca, son assistant Raoul Adeossi, et Chelill Pandian, directeur général de Sania, filiale de Sifca, sont conduits au palais présidentiel, lieu dans lequel Laurent Gbagbo et ses hommes logeaient. Là-bas ils y auraient été torturés puis abattus, selon le gouvernement d’Alassane Ouattara.

Seuls deux corps seront retrouvés dans la lagune, en juin 2011, mais un seul pourra être identifié. Celui de l’homme d’affaires français, Yves Lambelin.

Des assassinats commandités par l’ancien régime ?

Si les témoignages ont permis de comprendre l’enchainement des évènements et d’identifier tous les présumés auteurs, une question reste pour le moment sans réponse.

« Mais une question essentielle demeure : qui a donné l’ordre aux militaires d’intervenir ? » s’interrogeaient les avocats de la famille de Stéphane Frantz Di Rippel. C’est effectivement ce qu’aimeraient savoir les familles des victimes, et c’est ce que le procès devrait tenter d’éclaircir. Majoritairement militaires, et au vu du lieu de détention des victimes, tout porte à croire que les accusés n’ont fait que répondre à des ordres supérieurs.

Le nom de Laurent Gbagbo, qui est lui-même jugé en ce moment à la Cour Pénale Internationale, risque donc d’être très présent dans cette sordide affaire. 

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