Côte d’Ivoire : Le retour des mutins

Soldats ivoiriens mutins

Les 5 et 6 janvier 2016 un groupe de militaires en poste à Bouaké dans le nord ont fait irruption à l’état-major de la 3e région militaire. Armés, ils ont effectué des tirs sporadiques. Ainsi a commencé la mutinerie qu’on désigne déjà comme « la mutinerie de janvier » qui s’est propagée dans plusieurs villes de Côte d’Ivoire.

Une mutinerie qui s’est propagée dans plusieurs villes

Les villes de Bouaké, Daloa, Korhogo et même le camp d’Akouédo localisé dans la capitale à Abidjan ont été touchés par cette mutinerie. Les militaires qui ont conduit ce mouvement réclamaient le paiement de diverses primes, des augmentations de salaires, la dotation de logements ainsi qu’une revue du cycle de promotions au sein des corps.

Le passé récent de la Côte d’Ivoire marqué par des guerres civiles a conduit les autorités ivoiriennes à réagir dans l’urgence. Ainsi le président Alassane Ouattara a-t-il personnellement apporté une réponse aux revendications des mutins. Dans une allocution télévisée il a indiqué avoir marqué son accord pour la prise en compte des revendications relatives aux primes et à l’amélioration des conditions de vie des soldats qu’il a appelé à regagner les casernes.

Le chef d’état-major des armées limogé

Conséquence directe de cette mutinerie, le chef d’état-major des armées, le commandant supérieur de la gendarmerie et le directeur général de la police ont été limogés le 9 janvier. Le général Soumaïla Bakayoko, le général de corps armés Gervais Kouakou Kouassi,  le directeur Brindou M’Bia ont été remplacés par le général Sékou Touré (précédemment chef d’état-major adjoint), le général de brigade Nicolas Kouadio Kouakou et par le commandant Youssouf Kouyaté (qui dirigeait jusqu’alors centre de coordination des décisions opérationnelles – CCDO).

L’armée ivoirienne n’est pas à sa première mutinerie. En 2014, un mouvement similaire avait déjà été conduit par les militaires sur des revendications plus ou moins semblables.

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