Côte d’Ivoire : Simone Gbagbo acquittée à Abidjan à l’issue de son procès pour crimes contre l’humanité

Simone Gbagbo, l’ex-première dame ivoirienne, acquittée aujourd’hui pour crimes contre l’humanité.

Information Côte d’Ivoire – Jugée pour crimes contre l’humanité à Abidjan, l’ancienne première dame ivoirienne, Simone Gbagbo, vient d’être acquittée par la justice de son pays. Un revers pour la partie civile et pour le camp Ouattara, qui présentaient l’ex-première dame comme le bras armé de Laurent Gbagbo.

Ce mardi 28 mars 2017, la Cour d’assises d’Abidjan vient d’acquitter Simone Gbagbo à l’issue d’un procès qui aura duré un peu plus de 10 mois. L’ancienne première dame était notamment accusée d’avoir pris activement part à des exactions lors de la crise post-électorale, entre 2010 et 2011.

Malgré le fait qu’elle soit acquittée pour les faits susmentionnés, Simone Gbagbo doit encore purger une peine de 20 ans d’emprisonnement après avoir été reconnue coupable en 2015 pour atteinte à la sûreté de l’État. Elle a également été inculpée par la Cour pénale internationale pour crimes contre l’humanité, mais la Côte d’Ivoire a refusé de la transférer à La Haye.

« Le jury à la majorité déclare Simone Gbagbo non coupable des crimes qui lui sont reprochés, prononce son acquittement et ordonne qu’elle soit remise immédiatement en liberté si elle n’est retenue pour d’autres causes » a déclaré le juge Kouadjo Boiqui, président de la Cour d’assises.

Un procès qui aura connu de nombreux rebondissements notamment avec le boycott répété de Simone Gbagbo et de ses avocats. Depuis l’ouverture du procès, ces derniers n’ont sans cesse martelé que leur cliente était la victime d’un acharnement politique au motif qu’elle serait l’épouse de Laurent Gbagbo. Les dernières semaines du procès, les défenseurs de Simone Gbagbo ont à de nombreuses reprises évoqué l’absence de pièces dans le dossier et un vice de procédure visant directement l’un des assesseurs du président du tribunal.

Pour la partie civile, il n’y a aucun doute quant à la prétendue implication de Simone Gbagbo dans les crimes ayant eu lieu lors de la crise post-électorale. Elle aurait rencontré à plusieurs reprises de nombreux membres du gouvernement afin de leur donner des instructions précises. Selon la partie civile, Simone Gbagbo avait rencontré le ministre de la Défense plus de 44 fois contre 13 fois pour Laurent Gbagbo. Pour la partie civile, ces rencontres sont la preuve que l’ex-première dame dirigeait secrètement des opérations.

Simone Gbagbo a été également soupçonnée d’avoir préparé plusieurs missions punitives dans les fiefs d’Alassane Dramane Ouattara. Notamment celle du marché d’Abobo en 2011 où au moins six personnes avaient été tuées. Mais également celui de la RTI.

Aux dires de nombreux observateurs, le dossier d’instruction comportait trop peu d’éléments dans le prétendu rôle qu’aurait joué Simone Gbagbo.

  1. […] Toutefois, après plus de 80 personnes entendues, de nombreuses vidéos montrées et des centaines de documents produits, la défense martèle: les preuves sont insuffisantes. C’est cet argument qu’elle produira à nouveau pour étayer la demande d’acquittement et la libération de M. Gbagbo. S’il obtient gain de cause, Laurent Gbagbo pourra alors retrouvé son épouse Simone, libérée le 28 mars dernier. […]

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